Politique
Jeunesse marocaine: quelle plus-value aux élections législatives?
03/05/2026 - 10:05
Meriem Khaer
La participation des jeunes aux élections législatives représente une véritable valeur ajoutée au niveau de la scène politique marocaine. En s’impliquant dans le processus électoral, ils apportent un regard nouveau, de nouvelles idées et une sensibilité différente aux enjeux de société.
Les jeunes constituent une force démographique importante dans la société marocaine, leur mobilisation peut influencer les résultats électoraux et donner davantage de visibilité à des thématiques majeures telles que l’emploi, l’éducation, le logement ou encore l’environnement.
Dans une déclaration à SNRTnews, le politologue Mohammed Bouden a affirmé que la participation des jeunes, aussi bien par le vote que par la candidature, favorise la transmission durable de la culture électorale entre les générations.
Selon lui, les décisions prises par les institutions issues des élections concernent particulièrement la jeunesse, puisqu’elle en subira les effets sur le long terme. "Le vote devient alors une plateforme d’expression permettant de soutenir un projet politique ou de sanctionner un autre, sans se retirer du processus démocratique", explique-t-il.
Il estime qu’exclure les jeunes ou limiter leur place dans la vie publique affaiblit la représentativité des institutions et réduit l’impact d’une part importante de la population sur les décisions qui touchent son avenir. Il est donc essentiel que la jeunesse participe pleinement à l’élaboration des politiques d’aujourd’hui et de demain.
Le politologue Mohammed Bouden affirme que la participation des jeunes au processus électoral apporte une véritable valeur ajoutée, notamment en raison des compétences que de larges franges d’entre eux maîtrisent dans le domaine du numérique et dans d’autres secteurs. Il est ainsi essentiel d’investir à la fois dans les moyens traditionnels et modernes pour encourager leur engagement.
Il explique que l’implication concrète des jeunes est indispensable lorsque que les acteurs qui sont déjà en place leur ouvrent les portes et les accompagnent. "Cela concerne notamment les dirigeants des partis politiques, mais aussi les familles, qui sont appelées à orienter les jeunes vers une participation positive, comme c’est le cas en Slovaquie", poursuit-il.
Pour être efficace, cette démarche suppose également de distinguer les différentes catégories de jeunes, en tenant compte des jeunes femmes et des jeunes hommes, ainsi que des jeunes vivant en milieu urbain, périurbain et rural.
Le politologue estime également que laisser les jeunes électeurs en dehors des stratégies de communication des partis constitue une lacune coûteuse. Il explique que certaines campagnes continuent en effet de les négliger, alors même que les études montrent qu’ils réagissent positivement lorsqu’ils sont contactés et convaincus.
Selon lui, la manière la plus efficace de mobiliser un nouvel électeur consiste à aller à sa rencontre directement, notamment à travers des personnes de sa génération, et à faire du vote une culture partagée. "L’environnement familial joue aussi un rôle déterminant: les jeunes issus de familles qui votent sont plus enclins à exercer leur droit civique et leur devoir national. De même, ceux qui débattent des élections sur les réseaux sociaux sont davantage susceptibles de voter s’ils sont convaincus", explique-t-il.
La participation des jeunes aux élections législatives apporte une plus-value grâce aux compétences que beaucoup d’entre eux maîtrisent, au niveau de plusieurs domaines telles que le numérique, l’innovation et les nouveaux modes de communication.
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