Société
Journée mondiale du climat : des avancées en demi-teinte face à une urgence pressante
08/12/2025 - 12:11
MAP
A peine deux semaines après la tenue de la COP30 au Brésil, la Journée mondiale du climat, célébrée le 8 décembre de chaque année, s'impose comme un rappel solennel de l'urgence d’une action climatique rapide et ambitieuse pour limiter les effets du changement climatique, notamment sur les pays en développement.
Depuis la première COP à Berlin en 1995, marquant le début des négociations annuelles pour mettre en œuvre des politiques climatiques, jusqu’à l’Accord de Paris (2015) visant à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, le parcours accompli laisse encore entrevoir l’ampleur du chemin restant pour endiguer ce fléau mondial.
Entretemps, la réalité climatique demeure sévère pour les pays du Sud, notamment en Afrique et dans les petits États insulaires où les risques liés à la sécheresse, aux inondations et à la montée du niveau de la mer, entre autres, continue de bouleverser les équilibres humains, écologiques et économiques.
Ainsi, en Afrique subsaharienne, les épisodes de sécheresse prolongée, les pluies diluviennes et les vagues de chaleur extrême entraînent une baisse notable de la production agricole, aggravant l’insécurité alimentaire de millions de personnes dans des régions déjà vulnérables.
Certains pays côtiers, notamment en Afrique de l'Ouest, subissent une érosion accélérée, entraînant le déplacement de milliers d'habitant. En Afrique de l’Est et australe, les inondations et les glissements de terrain provoquent chaque année de nombreuses pertes humaines tout en détruisant des habitations, des écoles, des hôpitaux et des routes.
Les pays insulaires figurent également parmi les territoires les plus exposés aux effets pernicieux du changement climatique, en raison de leur faible altitude, de la concentration de leurs populations sur les littoraux et de leur dépendance économique à des secteurs sensibles comme le tourisme et la pêche.
La montée du niveau de la mer y entraîne une érosion accélérée ainsi que la salinisation des sols et des nappes phréatiques, compromettant l’accès à l’eau potable et la viabilité des terres agricoles. Les cyclones tropicaux, plus fréquents et intenses, causent des dégâts humains et matériels considérables, tout en perturbant le fonctionnement des infrastructures, des services essentiels et des économies locales.
En outre, les impacts climatiques pèsent lourdement sur les budgets nationaux, limitant les marges de manœuvre déjà étroites dans ces pays. Les dépenses d’urgence pour faire face aux catastrophes climatiques s’accumulent, tandis que la dépendance à l’importation alimentaire augmente, fragilisant les balances commerciales.
Ces pays, parmi les moins responsables des émissions mondiales, se trouvent ainsi confrontés à des défis multidimensionnels qui redéfinissent leurs priorités et exigent un engagement ferme de la communauté internationale pour y remédier.
Durant la dernière COP, les négociations ont certes délivré des avancées sur certains aspects, en particulier sur le financement de l’adaptation et la mise en service d’un mécanisme pour les pertes et dommages, mais elles ont aussi révélé les divisions politiques qui freinent une réponse mondiale à la hauteur de l’urgence.
Dans le projet de décision finale, le principal point de discorde est la question des combustibles fossiles. Les discussions autour d’un calendrier de défossilisation ont buté face à l’opposition de plusieurs États producteurs et importateurs d'hydrocarbures, laissant une zone d'ombre sur le principal moteur des émissions mondiales.
En cette Journée mondiale du climat, il s’avère que si les instruments et le cadre de dialogue multilatéral existent déjà, ils doivent être accompagnés d'une volonté politique collective ferme. L’avenir climatique se jouera ainsi dans la capacité à articuler ambition, financement et rapidité d’exécution, sans quoi les promesses faites risquent de rester lettres mortes.
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