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La Chine s'en prend à ses géants du numérique
22/03/2021 - 23:22
AFP | SNRTnews
Après avoir longtemps fermé les yeux sur leurs pratiques, la Chine veut ramener dans le rang ses géants technologiques à l'influence démesurée.
Pékin se montre pointilleux en matière de données personnelles: lundi 22 mars, le régulateur a ainsi fixé un cadre pour définir ce que les applications mobiles peuvent ou ne peuvent plus collecter.
Les entreprises de l'internet et du numérique sont particulièrement dynamiques en Chine où la législation jusque-là relativement laxiste en matière de données personnelles et l'absence de concurrents étrangers - majoritairement bloqués - a permis à des géants locaux d'émerger.
Début mars, 12 entreprises - dont les mastodontes du commerce en ligne Alibaba et JD.com - ont été condamnées à des amendes pour avoir enfreint les règles anti-monopole. Et depuis novembre, Alibaba semble particulièrement dans le viseur de Pékin.
Pratiques anti-concurrentielles
Les autorités ont d'abord suspendu une colossale entrée en Bourse à 34 milliards de dollars d'Ant Group, sa filiale de paiements en ligne. Le mois suivant, le groupe fondé par Jack Ma était visé par une enquête sur ses pratiques commerciales, jugées anti-concurrentielles.
Quelques semaines plus tôt, l'excentrique milliardaire avait publiquement accusé les régulateurs d'entraver l'innovation dans le secteur de la finance en ligne -- apparemment un crime de lèse-majesté pour le pouvoir du président Xi Jinping.
Ant Group détient Alipay, une application ultra populaire qui permet de régler ses achats par téléphone ou faire des réservations en ligne, dans un pays où l'argent liquide a quasiment disparu.
Ant a par ailleurs prospéré dans les prêts bancaires, la gestion de patrimoine et l'assurance, en profitant d'une législation moins contraignante que celle qui s'applique aux banques publiques traditionnelles.
En ce sens, Alibaba était devenu "trop puissant", à l'image d'autres acteurs de la tech qui se jouent de la réglementation, souligne dans une note le cabinet d'études Eurasia Group.
La réglementation bancaire
Désormais, Pékin veut que les géants de la tech se recentrent sur leur cœur de métier ou respectent les mêmes règles que les acteurs traditionnels.
Pour continuer à proposer des prêts, Ant devra se plier à la réglementation bancaire, chose que les géants du secteur évitaient jusqu'ici.
Désormais, "ces derniers devront créer des sociétés" spécifiques pour leurs activités bancaires, remarque l'analyste Ke Yan, du cabinet DZT Research spécialisé dans les investissements. "Ils ne pourront pas y échapper", estime-t-il.
Et ce, au moment où Pékin s'inquiète de l'endettement alarmant du pays, qui fait peser un risque sur le système financier.
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