Société
La journée mondiale du rein: la sensibilisation au cœur de la lutte contre les maladies rénales
12/03/2026 - 21:11
Meriem Khaer
La Journée mondiale du rein célèbre cette année son 20 ème anniversaire, marquant deux décennies d’actions consacrées à la sensibilisation et à la promotion de la santé rénale au niveau mondiale.
Cette initiative a été officiellement reconnue par l’Organisation mondiale de la santé en 2025, soulignant l’importance de son rôle dans la lutte contre les maladies rénales dans le monde. Ce jeudi 12 mars 2026, la communauté internationale se mobilise autour du thème "La santé rénale pour tous: prendre soin des personnes, protéger la planète". La campagne de cette année met l’accent sur le lien étroit entre la santé rénale et la santé environnementale.
Les reins jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’organisme. Ils assurent la filtration du sang, l’élimination des toxines, la régulation de l’équilibre hydrique et contribuent au maintien d’une pression artérielle stable. Au Maroc, comme dans plusieurs pays, la progression des maladies rénales s’explique par deux facteurs majeurs: le diabète et l’hypertension artérielle. Ces maladies chroniques, en augmentation constante, figurent aujourd’hui parmi les principales causes d’insuffisance rénale chronique.
Dans une déclaration à SNRTnews, le chef du service de néphrologie au Centre Hospitalier Universitaire Ibn Rochd de Casablanca, professeur Mohammed Benghanem Gharbi affirme qu’"au Maroc, entre 2009 et 2010, nous avons eu la chance de pouvoir conduire une étude épidémiologique majeure, l’étude MAREMAR, désormais une référence au niveau international, et qui a permis de mesurer la prévalence des maladies rénales chroniques à 5,1% de la population âgée entre 25 et 70 ans". Ce qui a permis d’estimer qu’actuellement, il y a environ 1 million d’adultes au Maroc qui sont porteurs d’une maladie rénale chronique et dont plus de 90% ne le savent pas.
Professeur Benghanem explique que l’étude MAREMAR, a permis de préciser les trois premières causes des maladies rénales chroniques: le diabète qui représente 33% des cas, l’hypertension artérielle constitue 28% et les calculs urinaires s'élèvent à 15%. "A côté de ces 3 facteurs majeurs de risque, il faudra rajouter, l’âge au-delà de 60 ans, la notion de cas familiaux de maladie rénale et la notion de prise de médicaments ou de plantes néphrotoxiques, et toute maladie à fort potentiel de complications rénales tels que les anomalies de l’appareil urinaire, les maladies vasculaires, les maladies auto-immunes et inflammatoires, entre autres", explique-t-il.
Concernant le dépistage des maladies rénales professeur Benghanem explique que les outils de dépistage sont simples, peu coûteux et en principe accessibles, il s'agit de la mesure de la pression artérielle, la recherche de protéines dans les urines et le dosage de la créatinine dans le sang. Malheureusement, non réalisés systématiquement quand c’est recommandé chez les personnes à risque.
Il faut rappeler que les maladies rénales chroniques sont presque toujours silencieuses et représentent 90% des cas, sans aucun symptôme visible ou ressenti par le patient, lui faisant manquer des opportunités réelles de diagnostic précoce et donc de guérison. Leur caractère insidieux se maintient souvent jusqu’à des stades avancés de l’évolution, faisant découvrir la maladie dans un contexte d’urgence médicale à fort potentiel de complications sévères. "Le seul moyen de le découvrir, est de réaliser systématiquement et annuellement un dépistage tels que des analyses sanguines et urinaires. Lorsque la personne concernée présente un facteur de risque de maladie rénale. Nous exprimons un fort espoir à voir rapidement mis en œuvre, un programme de santé dédié à la prévention, au dépistage et à la prise en charge des maladies rénales à des stades précoces", poursuit-il.
Professeur Benghanem affirme que le diabète est responsable d’un tiers des maladies rénales chroniques au Maroc et de 44% de perte définitive de la fonction rénale soit une insuffisance rénale chronique terminale et de mise en dialyse. L’hypertension artérielle est responsable de plus d’un quart des maladies rénales chroniques et de 11% des cas de mise en dialyse. Ces deux pathologies représentent, au Maroc comme dans le monde entier, les premières causes et un véritable fléau,
Les maladies rénales chroniques sont graves, car elles exposent le patient à des complications dangereuses, notamment cardiovasculaires, et portent en elles un risque majoré de mortalité.
La Journée mondiale de la santé rénale est une occasion annuelle de mettre en exergue la gravité de la situation afin que les malades rénaux puissent bénéficier des mêmes efforts, en termes de prévention, de dépistage et de prise en charge précoce et adéquate, que les malades atteints d’autres maladies comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, ou le cancer, à titre d’exemples.
Les maladies rénales représentent la 4ème cause mortalité au Maroc, juste après les infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral et la maladie cardiaque hypertensive, et bien avant les accidents de voie publique et les cancers. Il est important et stratégique d’impliquer la population dans la prise de conscience de la nécessité de se faire dépister annuellement dès qu’on présente un des facteurs de risque de maladie rénale. Le professeur Benghanem appelle à préserver la santé des reins en privilégiant le dépistage précoce, afin de pouvoir traiter les maladies à temps et éviter d’en arriver à la dialyse ou à la transplantation.
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