Economie
La situation au Moyen-Orient influence-t-elle les prix des carburants au Maroc ?
03/03/2026 - 16:48
Ouiam Faraj
Les prix de vente du gasoil et de l’essence ont enregistré, au début du mois de mars, une légère hausse de 0,25 dirham par litre, dans un contexte international marqué par de fortes perturbations sur les marchés de l’énergie. Cette augmentation reflète-t-elle les premières répercussions des tensions en cours au Moyen-Orient sur le marché national des carburants ? Et dans quelle mesure les prix au Maroc pourraient-ils être affectés si ces événements se prolongent ?
Les cours du pétrole ont augmenté sur fond de "La guerre américano-israélienne contre l’Iran", de perturbations des approvisionnements, de fermeture du détroit d’Ormuz et de ciblage d’installations énergétiques. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, a progressé de plus de 8% pour atteindre 85,12 dollars le baril, mardi 3 mars 2026, soit son plus haut niveau depuis juillet 2024. Le West Texas Intermediate a également grimpé de plus de 7 % à 76,47 dollars, selon l’Agence France-Presse.
Vague d’inquiétudes
Dans ce contexte, le secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz, Houssine El Yamani, a expliqué que la région concernée par ces tensions figure parmi les principales zones mondiales de production de pétrole et de gaz, ainsi que parmi les passages stratégiques du commerce énergétique. Toute perturbation sécuritaire dans cette zone se répercute immédiatement sur les marchés mondiaux, générant une vague d’inquiétudes qui pousse les prix à la hausse.
Dans une déclaration à SNRTnews, M. El Yamani a indiqué que le prix du gaz avait bondi d’environ 50 %, estimant que la tendance haussière pourrait se poursuivre tant que la guerre se prolonge ou s’étend, notamment en cas de ciblage de sites de production et de raffinage.
Il a ajouté qu’une hausse de 13% du pétrole brut se traduit généralement par une augmentation de 15 à 17 % des produits raffinés importés par le Maroc, comme le gasoil et l’essence, ce qui pourrait se répercuter sur les prix intérieurs dans les deux prochaines semaines.
Selon lui, chaque hausse de 10 dollars du baril correspond approximativement à une augmentation d’un dirham par litre de gasoil. Ainsi, un passage de 70 à 80 dollars ferait grimper le prix du gasoil de 11 à 12 dirhams. À 90 dollars, il pourrait atteindre 13 dirhams, et avoisiner 14 dirhams si le baril atteint 100 dollars. Il n’a pas exclu la possibilité d’un prix de 15 dirhams en cas de poursuite et d’élargissement du conflit.
Mardi 3 mars, le prix du gasoil variait entre 10,77 et 10,85 dirhams le litre, contre 10,57 dirhams auparavant. Quant à l’essence, son prix oscillait entre 12,46 et 12,49 dirhams le litre.
La question des stocks
En revanche, M. El Yamani a souligné que la hausse enregistrée au début du mois de mars n’est pas directement liée aux événements du Moyen-Orient, dans la mesure où les stocks actuellement mis en vente ont été acquis avant le déclenchement de la crise. Il a toutefois évoqué la possibilité d’augmentations anticipées liées à des phénomènes spéculatifs.
L’inquiétude ne concerne pas seulement les prix, mais également le risque de pénurie en cas de persistance des blocages dans l’approvisionnement mondial.
Il a rappelé que le Maroc venait tout juste de traverser des perturbations d’approvisionnement dues à la forte houle début février. À cette période, il avait été indiqué que les stocks couvraient environ 18 jours de consommation.
Selon lui, aucun signe d’amélioration notable des niveaux de stock n’a été observé ces dernières semaines, ce qui pourrait poser des défis supplémentaires si la situation au Moyen-Orient s’aggrave.
De son côté, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable avait précisé, dans un précédent communiqué, suivre de près la situation en coordination avec les professionnels du secteur. Il avait indiqué que les stocks dépassaient alors 617.000 tonnes de produits pétroliers, en plus d’un million de tonnes supplémentaires transportées par des navires pétroliers ayant accosté au Maroc le mois dernier.
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