Art & Culture
Laurence Fishburne retrace son parcours au FIFM
02/12/2025 - 18:04
Mohammed Fizazi | Fahd MerrounLors d’une session du programme « Conversation » organisée dans le cadre de la 22ᵉ édition du Festival International du Film de Marrakech, Laurence Fishburne est revenu longuement sur son parcours artistique, évoquant ses débuts précoces, ses rôles marquants et les rencontres qui ont façonné sa carrière.
L’acteur explique avoir commencé à jouer à l’âge de dix ans au New Federal Theatre de New York, fondé par de jeunes artistes noirs désireux de créer leurs propres opportunités. Fishburne y côtoie notamment Rosalind Cash, Thomas Rasulala, Robert Bogues ou encore Mary Alice, dont l’exigence et les conseils l’ont profondément marqué. Son passage par ce théâtre le conduit à être remarqué par la productrice Agnes Nixon, qui lui offre un rôle dans les soap-operas One Life to Live et All My Children, qu’il tourne pendant trois ans.
C’est durant cette période qu’il auditionne pour "Cornbread, Earl and Me", tourné à Los Angeles à l’été 1972, alors qu’il n’a que 11 ans. Fishburne souligne l’impact durable du film, notamment au sein des communautés afro-américaines, malgré son inscription apparente dans l’ère de la blaxploitation dont il se démarque par son ton et son absence de vulgarité. Il explique également que ce récit a fait écho à d’autres rôles qu’il interprétera plus tard, tels que ceux dans Boyz n the Hood ou Free Ray Shaun.
L’acteur revient ensuite sur les coulisses d’"Apocalypse Now", qu’il rejoint après avoir menti sur son âge afin d’être éligible au tournage. Présenté à Francis Ford Coppola par Fred Roos, il participe à un casting aux côtés d’une large sélection de jeunes acteurs. À 14 ans, loin de chez lui, il vit cette expérience comme une initiation, entouré de Coppola, Marlon Brando, Martin Sheen, Vittorio Storaro ou encore Dennis Hopper, qu’il décrit comme un artiste libre et imprévisible. Fishburne évoque également ses amitiés sur le tournage, notamment avec Frédéric Forrest et Emilio Estevez.
Interrogé sur son travail avec Christopher Walken dans un film ultérieur, il raconte une scène marquée par une improvisation initiée par Walken, acceptée sans hésitation par le réalisateur Abel Ferrara. Fishburne souligne la liberté créative que Ferrara offre à ses acteurs, permettant une exploration profonde des personnages.
L’acteur détaille aussi l’élaboration de son personnage de Jimmy Jump, dans le contexte de l’émergence du hip-hop. Les choix de costumes et d’attitudes proviennent directement de son intuition et de sa propre immersion dans la culture urbaine new-yorkaise. Il raconte avoir proposé lui-même sa vision du rôle à Abel Ferrara, qui l’a alors engagé.
Fishburne évoque ensuite "Boyz n the Hood", film qu’il considère comme crucial dans sa carrière. Dirigé par John Singleton, un réalisateur dont la "première langue" était le cinéma, le film aborde des thématiques liées à la vie dans le Sud-Central de Los Angeles et à l’absence paternelle. Fishburne, qui incarne Furious Styles, explique avoir compris l’impact de ce rôle lorsqu’un jeune homme, ému, est venu le remercier. Un ami lui a alors fait remarquer qu’il était devenu "le père de tous les garçons" de sa génération à travers ce personnage.
Il a souligné l’authenticité du tournage, réalisé dans le quartier même où Singleton a grandi, avec une équipe majoritairement afro-américaine, tous conscients de la portée sociale du film. Interrogé sur la situation de l’époque, il admet que les problèmes abordés se sont aggravés avant d’espérer une amélioration.
Cette conversation, ponctuée d’extraits de films, met en lumière la trajectoire d’un acteur dont le parcours, débuté dès l’enfance, s’est construit à travers des expériences formatrices, des collaborations déterminantes et une réflexion constante sur les récits qu’il porte à l’écran.
Articles en relations
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture