Art & Culture
Le Festival Gnaoua d’Essaouira inspire le monde depuis Riyad: une expérience marocaine devenue un modèle économique et culturel réussi
01/10/2025 - 11:25
SNRTnews
Dans une démarche qui confirme le leadership culturel du Maroc à l’échelle internationale, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira s’est imposé comme un modèle inspirant d’investissement culturel, à l’occasion de la Conférence sur l’investissement culturel organisée par le ministère saoudien de la Culture à Riyad. Cet événement, qui a réuni plus de 150 intervenants parmi les figures de la culture, de l’art et de la créativité, a permis de mettre en lumière la façon dont le patrimoine peut devenir un levier de développement économique. L’expérience d’Essaouira y a été présentée comme un cas exceptionnel par Neila Tazi, fondatrice du festival et présidente de la société A3 Communication.
Lors de son intervention à la session "Investir dans l’héritage culturel", Neila Tazi a montré comment, depuis sa création, le Festival Gnaoua a su transformer les traditions marginalisées du sud marocain en une saison culturelle de portée mondiale, dynamisant l’économie locale de la ville d’Essaouira.
Grâce à une vision stratégique intégrée, le festival n’est plus seulement une manifestation artistique, mais une plateforme d’investissement, de promotion touristique, d’emploi et de création d’opportunités économiques fondées sur le patrimoine immatériel. Essaouira est ainsi devenue un exemple probant de la synergie entre culture et développement, une source d’inspiration dans les forums internationaux.
S’adressant au public, Neila Tazi a souligné que le festival a mis en valeur le patrimoine immatériel d’Afrique subsaharienne, une respiration musicale et culturelle souvent marginalisée dans les grands débats.
Selon elle, grâce à la volonté et à la coordination des différents acteurs, le festival est devenu une saison culturelle et économique qui a façonné Essaouira comme une destination touristique dotée d’une véritable valeur ajoutée et d’opportunités d’investissement dans les arts, l’hospitalité et l’artisanat.
Elle a insisté sur le fait que l’approche du festival ne se limite pas au divertissement, mais constitue une plateforme où culture et développement se rencontrent, intégrée dans les stratégies locales de promotion de la ville et de stimulation de l’économie durable. Ainsi, Gnaoua illustre comment le patrimoine vivant peut être activé comme une force économique, au-delà de la commémoration ou de l’événementiel.
Au-delà de sa dimension patrimoniale et économique, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde a toujours placé la jeunesse au cœur de son projet. Les jeunes y trouvent un espace d’expression, de découverte et d’ouverture sur le monde, où les musiques traditionnelles dialoguent avec les sonorités contemporaines.
En attirant une nouvelle génération avide de diversité culturelle et de rencontres, le festival contribue à forger des citoyens curieux, créatifs et connectés, tout en leur offrant des modèles inspirants d’ancrage identitaire et d’ouverture internationale.
La conférence a présenté d’autres exemples internationaux – de la réhabilitation de palais abandonnés à l’intégration de la culture dans l’urbanisme, en passant par des projets créant de l’emploi local à partir du patrimoine. Mais l’intervention de Neila Tazi s’est distinguée : avec une voix marocaine authentique, elle a porté sur une scène mondiale une expérience locale capable d’inspirer des initiatives similaires ailleurs.
Elle a rappelé que la durabilité des projets patrimoniaux exige une solide organisation, un véritable partenariat public-privé et des investissements dans les infrastructures culturelles – autant de conditions mises en œuvre de manière concrète à Essaouira.
Cette expérience marocaine intervient alors que l’Arabie saoudite vit une transformation profonde de sa politique culturelle. Lors du congrès, un fonds de 40 millions de dollars a été annoncé pour soutenir des projets culturels, avec une vision ambitieuse de faire de la culture un moteur économique et social.
Des dizaines d’accords entre acteurs publics et privés ont été signés pour développer des infrastructures culturelles, des programmes éducatifs et de formation, ainsi que des centres artistiques – une orientation claire vers l’adoption de modèles réussis comme celui du Festival Gnaoua.
La reconnaissance internationale du festival consacre un long parcours fondé sur des partenariats solides entre acteurs culturels, autorités locales et mécènes privés. Il est aujourd’hui l’une des manifestations culturelles majeures du continent africain, attirant chaque année des milliers de visiteurs venus du monde entier. Il a également contribué à la valorisation du patrimoine Gnaoua comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, inscrit à l’UNESCO en 2019.
Cette mise en avant internationale renforce la position du Maroc comme pays pionnier dans l’utilisation de la culture comme levier de développement, tout en ouvrant la voie à davantage de coopération entre les nations désireuses de transformer leur héritage culturel en moteur économique.
Elle reflète aussi le succès du Festival Gnaoua à dépasser les frontières locales pour devenir un pont d’échanges culturels et une plateforme de diplomatie culturelle capable de changer le regard porté sur le patrimoine populaire.
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