Sport
Le Wydad et le Raja s'affronteront en l'absence du 12e homme
20/03/2021 - 20:36
Amine Oubaha
Ce dimanche 21 mars, les regards seront tournés vers le derby casablancais qui opposera le Wydad au Raja dans le cadre de la 10e journée de la Botola Pro. Ce choc se déroulera en l'absence du public qui depuis le début de cette crise sanitaire se voit interdit de gagner les stades. Un derby à huis clos impactera-t-il le rendement des joueurs ?
Le derby a longtemps été le rendez-vous le plus attendu par les férus de la Botola Pro. Lors des derbies de cette dernière décennie, les supporters ont souvent été le principal acteur du match. Avec de belles animations, des chorégraphies, des chants et un soutien sans arrêt, les ultras ont donné une saveur particulière au derby.
« Le derby se joue hors du terrain »
Cette chaude ambiance pousse certes les joueurs à donner le maximum de leur potentiel, mais elle peut également impacter négativement l’état d’esprit des joueurs qui parfois se montrent crispés et incapables de se libérer de la pression du public. Le technicien Abderrahim Talib qui avait déjà dirigé le Wydad connaît très bien la pression et le stress que supportent les joueurs du Wydad et du Raja, ainsi que leurs supporters, tout au long de la semaine qui précède le jour du derby : "Le derby se joue hors du terrain. Les supporters rêvent pendant toute la semaine de voir leur équipe gagner ce match. Le public met la pression sur les joueurs et aussi sur la direction pour faire chuter le frère ennemi", a-t-il déclaré.
Taleb se rappelle d’un derby qu’il disputé en tant que coach du Wydad : "J’ai dirigé le Wydad lors d’un derby où nous menions au score jusqu’à ce que le Raja parvienne à égaliser dans les dernières minutes de la rencontre. Nous avons passé une semaine difficile après ce match. Les supporters étaient en colère contre l’ensemble de l’équipe", se souvient-il.
Une fête sans public
Pour ce 129e derby, les deux frères ennemis le Wydad et le Raja vont s’affronter sous des gradins vides. En raison des mesures préventives adoptées par les autorités marocaines contre la Covid-19, ce choc se jouera à huis clos. Chose qui peut impacter positivement ou négativement le rendement des joueurs sur le terrain. "Il est vrai que les supporters wydadis et rajaouis nous livrent un spectacle dans les tribunes du complexe Mohammed V. Mais cette fois-ci, le 12e joueur sera absent. Certains joueurs se sentiront en manque de soutien de leurs fans, alors que pour les joueurs qui vont disputer le derby pour la première fois ils peuvent être libérés et jouer sans pression", explique Abderrahim Talib.
Au fil des années, le derby casablancais attirait toujours l’attention de l’opinion publique marocaine. A une semaine de la rencontre, les supporters font toujours monter la pression sur les réseaux, dans les cafés ou encore dans les quartiers populaires de la Métropole. Une pression qui donne beaucoup plus d'intensité pour ce match: "Vu la pression du public et la grande médiatisation de cette rencontre, les joueurs, mais aussi les coachs font tout pour éviter la défaite. Ils craignent de perdre ce match. Ils jouent avec précaution et n’acceptent pas de s’incliner face au à leur antagoniste", précise Abderrahim Talib. Ce dernier indique également que le facteur psychique pèse lourdement sur le mental des joueurs.
Le derby en chiffre
A l’approche de chaque derby, les Wydadis et les Rajaouis évoquent toujours l’historique de cette rencontre. Le Wydad, le club le plus titré au Maroc (avec 44 titres) est dépassé par son rival le Raja dans les confrontations directes en Botola. Le Raja compte 35 victoires contre 31 victoires pour le WAC. Les deux Casablancais se sont quittés sur un nul 62 fois.
Les Aigles ont pu inscrire 108 buts contre 99 pour les Rouges et Blancs. Said Ghandi est le buteur historique du derby du côté du Raja avec 7 réalisations. Du côté du Wydad, c’est l’ancien défenseur et l’actuel coach Adjoint de Benzarti, Hammouda Benchrifa qui a marqué 5 buts en derby.
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