Société
L’éducation, le match qu’on ne doit surtout pas rater
15/12/2022 - 22:50
Khaoula Benhaddou
Le Mondial du Qatar 2022 restera gravé à jamais dans la mémoire des petits et des grands. Durant cette compétition sportive, des émotions fortes ont ressurgit chez les Marocains et ont rappelé les notions de patriotisme, de fraternité et de dignité qui ont été bafouées pendant longtemps à cause des préjugés. Certes, les Lions de l’Atlas ont été éliminés, mais ils ont réussi à marquer l’histoire du football marocain, arabe, africain et international. Ils ont également transmis des valeurs de bienveillance nécessaires pour se surpasser et dépasser les barrières mentales. Des valeurs qui doivent être ancrées dans la mentalité des enfants qui porteront le flambeau dans les années à venir.
Mercredi 14 décembre est une date que les Marocains ne sont pas prêts à oublier. Après avoir déjouer tous les pronostics, terrasser les grandes équipes et faire tomber les grandes stars du ballon rond, les Lions de l’Atlas ont été éliminés aux portes de la finale par les Bleus avec un score de 2-0.
Inconsolables, les supporters qui rêvaient de voir les Lions continuer à avancer vers la victoire n’ont pas pu contenir leurs larmes. Des larmes de déception mais pas de désespoir.
Une défaite aux allures de la victoire
Certes, les Lions de l’atlas ont été éliminés, mais leur attitude est restée noble, majestueuse et impressionnante. Grâce à l’accompagnement et le coaching de leur guide, les joueurs ont fait preuve d’un esprit sportif remarquable et ont donné une autre leçon de bienveillance aux nouvelles générations comme l’explique la psychothérapeute et spécialiste des enfants et de la famille Kenza Hokimi. "Depuis le début de la compétition, Hoalid Regragui a présenté un magnifique modèle de respect, de résilience et de bienveillance", précise-t-elle. Et d'ajouter que le coach a également banni le discours défaitiste et a sorti son équipe de toute spirale toxique.
Mieux encore, malgré le but qui a glacé le sang des supporters, l’entraineur est resté selon la spécialiste "bienveillant et a fait preuve d’un amour inconditionnel envers ses joueurs. Il les a encouragé tout au long du match, n’a blâmé aucun d’eux et a exprimé sa fierté envers sa troupe", explique la spécialiste qui qualifie l’entraineur d’un papa responsable.
Un autre message fort a été envoyé le soir même grâce à l’appel téléphonique de SM le Roi Mohammed VI. "Juste après le match, SM le Roi, qui place l’humain au centre de ses préoccupations, a adressé un vibrant hommage à l’entraineur, aux joueurs et à l’ensemble des composantes de l’équipe nationale pour leurs brillantes réalisations lors de cette Coupe, tout en leur souhaitant plein succès au cours de leurs prochaines rencontres".
Une leçon pour les parents
La défaite de l’équipe nationale a choqué les enfants. Les images de télévision ont montré les petites têtes fondre en larmes. Pour Kenza Hokimi, cette expérience enrichissante marquera à vie cette génération "certes on n’a pas gagné la Coupe, mais on a appris une grande leçon de résilience grâce à cette jeune équipe qui pourra encore briller dans l’avenir", explique la spécialiste de l’enfance avant d’ajouter: "Le facteur familial est important. Cela dépendra de la relation du parent à l’échec et à la manière de transmettre l’information à l’enfant. Au lieu de crier et d’engueuler à cause d’une expérience qui a échoué, le parent doit profiter de la situation qui représente une nouvelle opportunité d’apprentissage".
Pour la spécialiste "les neurones miroirs du parent dans sa relation avec l’enfant va créer soit l’espoir ou le désespoir. Cela dépendra notamment de la réaction du parent pendant et après le match. Si le parent n’a pas la base de sécurité, il ne peut pas la transmettre à son enfant", explique notre interlocuteur qui appelle à placer l’échec au centre de l’apprentissage: "Les parents doivent apprendre aux enfants de s’adapter à toutes les situations. Nous devons leur donner l’occasion d’exprimer leur sentiments sans les blâmer et surtout leur expliquer qu’il ne s’agit pas d’un échec mais d’une opportunité pour apprendre des nouvelles méthodes pour réussir dans l’avenir. C’est le rôle des parents, des enseignants mais aussi des médias".
Résilience, diversité, et bienveillance sont, selon la spécialiste, les mots clés pour aider les enfants à apprendre de l’échec. "Nous devons réviser notre comportement de parents et ne pas se laisser influencer par la masse. Nous devons mettre l’accent sur le courage, la positivité et l’esprit d’équipe. Cela a été magnifiquement représenté dans les images de Hakimi et Mbappé après le match. Des images qui représentent la clé même de la bienveillance et de la résilience", conclut la spécialiste.
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