Art & Culture
L'IArt: L'intelligence artificielle entre création et imitation
20/03/2026 - 21:18
Malak Zougagh
Bien que l'Intelligence artificielle permette une grande assistance technique, même quand il s'agit de l'art et de la peinture, l'aspect subjectif retrouvé sur les chefs-d'œuvre s'attribue uniquement à l'Homme et retire à l'IA toute reconnaissance. L'artiste peintre Zakia Badsi éclaire SNRTnews sur le sujet et présente des aperçus d'artiste à ce sujet.
Pas plus d’un coup de clavier pour achever un travail qui, autrefois, nécessitait une longue réflexion. L’intelligence artificielle a raccourci le chemin vers l’excellence dans divers domaines et a offert à ces utilisateurs, de l’individu aux organisations gouvernementales, une assistance remarquable. Ceci, bien évidemment, se reflète largement sur différentes sciences, dont l’aspect artistique se détache et ne dépend pas d’une perspective traduisant la renommée et le style du pratiquant.
Certes, bien avant l’intelligence artificielle, le monde de la peinture a connu un tressaillement avec l’apparition de la photographie, sauf que la toile et ses coups de pinceau ne furent pas trahis par la technologie numérique et gardent leur prestige aussi longtemps qu’elle peut le réclamer aujourd’hui.
Cette rapidité technologique empiéterait sur l’impromptu de l’œuvre artistique, poussant plusieurs artistes et adeptes de l’art à se poser des questions sur les capacités de l’intelligence artificielle, indisponibles ou compliquées à atteindre chez l’artiste.
Zakia Badsi, artiste peintre et professeure des arts plastiques, partage ses réflexions sur le sujet avec SNRTnews: “J’enseigne les arts plastiques, je peins, je dessine, et depuis que l’intelligence artificielle s’est invitée dans nos ateliers, je me pose une question simple: qu’est-ce qu’elle peut faire que mes mains ne feront jamais? Et qu’est-ce que mes mains font qu’elle ne fera jamais?”
Elle développe sa réflexion à travers ses habitudes quotidiennes avec ses élèves et face à sa toile, dans la mesure où elle reconnaît l’aide de l’Intelligence artificielle: “Elle génère des esquisses en quelques secondes, explore des compositions que j’aurais mis des heures à tâtonner. C’est un outil puissant, et je l’assume, un médium, comme l’a été la photographie, comme l’a été l’infographie. Un médium parmi ceux que j’ai appris à maîtriser”. Cette perfection robotisée ne s’apparente aucunement aux fondements de l’art. Puisque Zakia Badsi reproche à l’IA de ne pas pouvoir trembler.
“Elle ne connaît pas ce moment suspendu avant le premier coup de pinceau. Elle n’a pas de doute, pas de deuil, pas de joie enfouie qui remonte à la surface et guide la main sans qu’on lui demande. Une œuvre humaine, c’est tout ça à la fois, une empreinte émotionnelle, unique et irremplaçable. On peut la sentir. On ne sait pas toujours l’expliquer, mais on la sent”, continue l’artiste peintre.
Ainsi, sur des notes en couleur et d’amour pour l’art, Zakia Badsi conclut: “Le numérique a révolutionné nos pratiques, oui. Il a ouvert des espaces nouveaux, bousculé les codes, démocratisé la création… Mais il a aussi, paradoxalement, révélé la valeur de ce qui résiste: le geste lent, la matière qui accepte ou refuse, la trace qui reste… Ce que je transmets à mes étudiants, ce n’est pas une technique… C’est une façon d’être présent à ce qu’on crée…. L’idée vient de l’intérieur… L’émotion aussi, l’IA, elle, vient d’ailleurs… Et c’est précisément pour ça qu’elle ne remplacera jamais l’artiste… Elle peut imiter l’œuvre. Jamais l’âme qui l’a fait naître."
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