Art & Culture
Mont Moussa: un recueil dans les pénombres de l’âme
26/10/2022 - 18:00
Khaoula BenhaddouLe nouveau film de Driss Mrini sort dans les salles de cinéma, ce mercredi 26 octobre. Inspiré du livre «Mont Moussa» d’Abderrahim Bahir, cet opus est une invitation au voyage dans les profondeurs de l’âme.
Entassé dans un grand taxi en direction de Mireleft, le jeune Marouane, enseignant d’histoire géo est loin d’imaginer que ce voyage allait changer sa vie.
Dans un décor qui favorise la sérénité de l’esprit, Marouane, fraichement recruté dans ce village, est accueillie par Hajja Fatiha (Saadia Azegoune) qui lui propose de loger chez elle.
Forte, généreuse et attachante, cette maman consacre sa vie pour prendre en charge Hakim, son fils aphasique et rêve de le sortir de son isolement.
Après plusieurs tentatives, l’enseignant, avec son visage voluptueux et ses yeux très brillants réussit à s’immiscer dans la vie de Hakim joué par Younes Bouab.
Avec des traits sévères teintés d’une certaine mélancolie, ce jeune silencieux, sombre et solitaire fuit le monde extérieur. Il se réfugie dans des lectures philosophiques pour panser ses plaies et tenter de trouver des réponses à ses questions existentielles.
Un univers qui plait sans doute à Marouane qui prépare en parallèle sa thèse de doctorat. Au fil du temps, les jeunes réussissent à s’exprimer à mots feutrés en invoquent les grands noms de la philosophie, de l’art et de la spiritualité.
Les débats s’enchainent et poussent les deux amis à glisser dans les profondeurs abyssales et mystérieuses de l’âme, de la création et de l’univers.
Un événement tragique viendra bousculer la vie des deux jeunes hommes qui se rapprocheront encore plus et ouvriront les portes de leur jardin secret.
Le clou du spectacle
La scène la plus marquante du film est sans doute l’ascension des deux artistes au sommet du «Mont Moussa». Essoufflé, Marouane, superbement interprété par Abdennebi Bennioui, pousse la chaise roulante de Hakim, l’aide à se recueillir et le tire vers le haut au vrai sens du terme.
Sous un ciel d'un bleu où aucun nuage n'ose troubler sa pureté, les deux acteurs, comme des illuminés, se lèvent, s'élèvent et se lancent dans un dialogue profond et spirituel qui risque d’intriguer les spectateurs.
L’œil du réalisateur Driss Mrini conjugué au jeu parfait des acteurs et au générique magistralement chanté par Saloua Choudri feront certainement parlé de cet opus.
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