Société
Quelle serait la mission du ministère chargé de la transition numérique ?
11/10/2021 - 08:00
Halima Aamir | Lina Ibriz
Le nouveau gouvernement désigné par SM le Roi Mohammed VI, le jeudi 7 octobre, s’est caractérisé par la création d’un nouveau ministère chargé de la transition numérique et de la réforme de l’administration, ce qui traduit l’engagement du Royaume dans la digitalisation des secteurs public et privé.
La création du ministère délégué auprès du chef du gouvernement chargé de la Transition numérique et de la réforme administrative constitue le premier pas vers la mise en œuvre des recommandations du rapport général sur le Nouveau modèle de développement (NMD) qui a appelé à multiplier les efforts afin d’accompagner la dynamique de la transition numérique et de l’innovation technologique.
Dans une interview accordée à SNRTnews, l’expert en marketing et médias et l’ex-président du Groupement des annonceurs du Maroc, Mounir Jazouli a affirmé que la première mission du ministère délégué auprès du chef du gouvernement chargé de la Transition numérique et de la réforme administrative est d’accélérer le processus de digitalisation des institutions de l’État et des services publics.
SNRTnews: Comment le Maroc se positionne-t-il actuellement au niveau de la transition numérique?
Mounir Jazouli : Le Maroc a réalisé, au cours des dernières années, des progrès dans le domaine de la digitalisation, aussi bien dans le secteur public que privé. Plusieurs initiatives ont été mises en place par les marques, les entreprises et les prestataires de services privés au Maroc. Ces initiatives visaient à fournir des services électroniques aux citoyens afin de faciliter les différents aspects de la vie de tous les jours.
Ces efforts déployés par les acteurs du secteur privé ont été accompagnés par les efforts de l’État qui ont consisté en la mise en place d’un cadre juridique et opérationnel clairs qui indiquent les devoirs, les droits et les compétences de toutes les parties prenantes.
En parallèle, des mécanismes ont été élaborés dans le cadre de la protection des données personnelles et des intérêts des citoyens, notamment dans le cadre des transactions financières et commerciales, mais aussi pour protéger les jeunes et d’autres catégories qui sont plus exposées aux risques de la digitalisation.
Quid du secteur public?
Plusieurs instances ont été créées pour veiller au respect et à l’application des lois et pour renforcer les mécanismes de protection des droits des usagers, telles que l’Agence de développement du digital (ADD) et la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP). De sa part, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a également pris plusieurs initiatives afin de rapprocher les médias digitaux à ceux classiques.
Par ailleurs, l’État a déployé beaucoup d’efforts pour introduire la transition numérique au sein de certains ministères, agences et institutions gouvernementales afin d’accompagner le développement accéléré que connaît le monde aujourd’hui et que vivent les Marocains souhaitant bénéficier des services offerts par le développement numérique.
Dans ce cadre, les institutions publiques ont adhéré à la stratégie de digitalisation et à la transition numérique afin d’adapter leurs services et permettre aux citoyens d’en bénéficier en ligne ou par téléphone mobile tout en simplifiant les procédures administratives.
Quel est l’état d’avancement du plan de transition numérique établi par le Maroc?
Le Maroc a commencé à implémenter ce plan depuis des années. Bien que cela ait de bons résultats dans plusieurs domaines, je trouve que la mise en place du plan de digitalisation au Maroc manque de vitesse et d’efficience. Par conséquent, je pense que ces axes seront parmi les priorités du ministère délégué auprès du chef du gouvernement chargé de la Transition numérique et de la réforme administrative.
Le ministère adoptera peut-être une vision unifiée et centralisée autour de ce plan. Il serait donc possible d’accélérer la mise en œuvre du plan de digitalisation, de le mettre à jour et de le réviser.
La création d’un tel ministère signifie-t-elle que le Maroc est devenu conscient de la nécessité d’accélérer sa transition numérique?
Nous constatons aujourd’hui que le nouveau gouvernement donne une grande importance à ce point. Il est clair qu’il existe une forte volonté d’avancer dans la transition numérique et il est prévu que le nouveau ministère se déploiera dans l’accélération de la digitalisation des institutions et des services publics pour répondre aux attentes des Marocains qui dépendent de plus en plus d'internet pour communiquer et réaliser un nombre d’opérations.
Ainsi, ce ministère pourrait prendre plusieurs actions pour établir un cadre avancé qui permettrait aux citoyens et à tous les acteurs de contribuer au développement digital du pays.
Quelles sont les démarches à entreprendre durant les années à venir pour réussir la transition numérique au Maroc?
Malgré d’importantes initiatives prises dans ce domaine, je trouve que nous ne disposons toujours pas d’un système général qui permet l’émergence de startups fortes spécialisées dans la digitalisation qui se démarquent à l’international. Nous espérons que le nouveau ministère prendra un ensemble d’initiatives et élaborera des lois qui promeuvent l’émergence et la croissance de ces entreprises au Maroc.
Il est primordial d’accélérer la transition numérique, et c’est pour cette raison que le Maroc a fourni d’énormes efforts dans ce cadre. Il a mis en place plusieurs initiatives pour renforcer l’accessibilité aux services administratifs sans que les citoyens n’aient besoin de se déplacer. Ces efforts doivent être accélérés et élargis à l’ensemble des régions pour simplifier davantage les procédures et promouvoir la digitalisation.
En outre, il est essentiel de développer le système des startups au Maroc, vu que ce système demeure tout de même fragile et manque d’efficacité. Cela nécessite des mécanismes de financements adéquats et accessibles à tous pour soutenir l’entrepreneuriat digital.
Le cadre juridique doit aussi évoluer afin de répondre aux exigences de la digitalisation et réglementer le domaine du numérique.
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