Economie
Tarik Senhaji: "Les OPCVM, une locomotive du financement de l’économie marocaine"
13/11/2025 - 20:14
SNRTnews
Lors de la conférence annuelle de l’Association des Sociétés de Gestion et Fonds d’Investissement Marocains (ASFIM), le président de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), Tarik Senhaji, a salué l’adoption de la loi 03-25, une réforme qu’il a qualifiée de "nouvelle étape importante pour l’industrie des OPCVM".
Cette refonte du cadre régissant les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières intervient plus de trente ans après la première réforme du marché des capitaux, en 1993. L’occasion pour M. Senhaji de rappeler le chemin parcouru par un secteur devenu essentiel au financement de l’économie nationale.
"En 32 ans, que de chemin parcouru!", a-t-il souligné. Les premiers OPCVM ont vu le jour en 1995, à l’initiative de cinq banques marocaines, avant que le marché ne prenne son envol. En 2006, l’actif sous gestion dépassait pour la première fois les 100 milliards de dirhams. Aujourd’hui, il atteint 790 milliards de dirhams, a-t-il précisé.
Un rôle structurant dans l’économie
Le président de l’AMMC a mis en avant la contribution majeure des OPCVM au financement public et privé. "L’épargne collectée auprès des investisseurs est réinvestie dans les instruments financiers émis par des émetteurs publics ou privés", a-t-il expliqué, soulignant que cette "formation de capital devient une véritable locomotive du financement de l’économie marocaine".
À fin septembre 2025, les OPCVM détenaient près de 40% des Bons du Trésor en circulation, 28% des obligations du secteur autoroutier et ferroviaire, 47% du secteur portuaire, 69% du secteur aéroportuaire, 80% de celles du secteur de l’eau et de l’électricité, et jusqu’à 88% du secteur des télécommunications.
Sur le marché boursier, leur empreinte reste tout aussi marquée, représentant 43% de la capitalisation flottante et 37% des volumes échangés. "Derrière cet acronyme quelque peu obscur pour le grand public se cache l’un des grands piliers de la stabilité macroéconomique de notre pays", a-t-il insisté.
Une réforme pour diversifier et démocratiser
La nouvelle loi ouvre la voie à de nouveaux produits tels que les ETF (fonds cotés) et les OPCVM participatifs, destinés à "démocratiser le marché des capitaux auprès des investisseurs particuliers". Avec "une part de 8,2 % des actifs gérés et un nombre en deçà de 25.000", ce segment reste encore sous-exploité, a-t-il noté, tout en soulignant que la participation des particuliers à la Bourse a été "multipliée par plus de quatre ces dernières années".
D’autres innovations, comme "les OPCVM à règles de fonctionnement allégées, les OPCVM en devises ou l’élargissement de l’univers d’investissement aux titres d’OPCI et aux produits dérivés", permettront, selon lui, d’élargir les stratégies d’investissement et de mieux répondre aux besoins des investisseurs institutionnels.
Transparence et vision durable
Tarik Senhaji a salué "l’engagement de toutes les parties prenantes", citant la ministre de l’Économie et des Finances, la Direction du Trésor, l’ASFIM, les professionnels du secteur et les équipes de l’AMMC.
Il a rappelé que "toutes les décisions d’investissement doivent être prises exclusivement dans l’intérêt des épargnants souscripteurs", réaffirmant la priorité donnée à la transparence et à la rigueur.
Enfin, il a inscrit cette réforme dans la continuité de la Vision Royale, soulignant que "le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi, s’est engagé depuis plus de 25 ans dans une dynamique d’investissement exceptionnelle".
Et de conclure: "Notre ambition est claire: faire du marché des capitaux marocain un levier de souveraineté, d’inclusion et de prospérité partagée pour les générations à venir".
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