Société
Troubles anxieux: la solution est dans le sang!
08/03/2026 - 15:38
Malak Zougagh
Alors que l’anxiété touche des centaines de millions de personnes dans le monde, des chercheurs suisses ont identifié une molécule, LPA 16:0, qui pourrait jouer un rôle clé dans le développement de ces troubles. Cette avancée scientifique pourrait permettre, à terme, de développer de nouvelles stratégies de traitement.
Touchant à peu près 359 millions de personnes en 2021, l’anxiété, selon l’organisation mondiale de la Santé, est le trouble mental le plus courant dans le monde. Ce trouble, qui se manifeste par des peurs et des inquiétudes excessives, tend à perturber la vie quotidienne de la personne atteinte, sur les plans familiaux, sociaux, scolaires ou professionnels.
Néanmoins, une récente étude menée par le Pr Nicolas Toni et Thomas Larrieu, de l'hôpital universitaire de Lausanne en Suisse, découvre que la molécule LPA 16:0, qui est une molécule graisseuse, agissant comme messager chimique dans l’organisme, serait un maillon important dans le développement d’une longue chaîne de troubles anxieux.
Afin d’atteindre cette conclusion, les chercheurs ont exploité les cellules souches dans leurs expériences. Celles-ci, étant hautement sensibles au stress et à l’anxiété, seraient les seules dans le cerveau humain à pouvoir se diviser pour renouveler les neurones dans l’hippocampe: petite structure du cerveau essentielle pour la mémoire et l’apprentissage. Et suite à une expérience anxieuse, ces cellules se divisent moins.
L’étude menée sur des souris a permis d’arriver à cette découverte liant un comportement lié à l’anxiété et au stress à un marqueur biologique mesurable dans le sang. De là se tire l’observation que des patients atteints de troubles anxieux auront une concentration plus élevée dans le sang en LPA 16:0, le même responsable de la diminution de la division des cellules souches.
Le chercheur Nicolas Toni avance que LPA 16:0 est le premier biomarqueur connu de l’anxiété. Cette avancée développe également une certaine inquiétude concernant une liaison indirecte de LPA 16:0 avec le cortisol. En expliquant que l’augmentation répétée de ce dernier affecte la production du biomarqueur, engendrant une augmentation de l’anxiété.
Cette découverte permet une ouverture sur différentes perspectives thérapeutiques pour les troubles anxieux. Une ambition de sortir avec un médicament permettant un blocage du récepteur du LPA 16:0 à la surface des cellules souches, afin de favoriser leur prolifération et de réduire l’anxiété.
Un espoir s’installe chez toute personne atteinte d’anxiété, lui offrant la possibilité de mener une vie sans peur accrue, que la circonstance soit pathologique ou environnementale.
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