Sport
Une assemblée générale sous haute tension attend le Wydad: bras de fer entre les adhérents et la direction
05/05/2026 - 10:24
Reda Zarrouk
Ce que traverse aujourd’hui le Wydad Athletic Club ne se limite plus à une simple crise de résultats sur le terrain.
La situation s’est muée en un conflit ouvert au cœur de la gestion du club, marqué par une divergence profonde de visions entre le comité directeur et les adhérents, à l’approche d’une assemblée générale décisive.
Alors que le bureau directeur, présidé par Hicham Aït Mena, a annoncé son intention de démissionner lors de la prochaine assemblée générale, en présentant des mesures organisationnelles censées garantir une transition démocratique fluide, les adhérents ont réagi par un communiqué. Ils y qualifient cette démarche de « démission piégée », estimant qu’elle constitue une tentative de conserver le contrôle jusqu’au dernier moment.
Le communiqué du bureau sous le feu des adhérents
Le communiqué du bureau directeur, publié le 3 mai au soir dans un climat tendu après une nouvelle défaite face à la Renaissance de Zemamra, annonce l’ouverture des adhésions pour la saison prochaine du 5 mai au 5 juin, ainsi que la période du 5 au 20 juin pour le dépôt des candidatures à la présidence du club. Une démarche présentée comme visant à assurer une transition démocratique et à préserver la stabilité du Wydad.
Mais cette initiative a été clairement rejetée par les adhérents. Ces derniers estiment que le maintien du bureau actuel jusqu’à l’assemblée générale le place à la fois juge et partie, ce qui contrevient, selon eux, au principe de neutralité et pose un problème à la fois juridique et éthique.
L’un des principaux points de discorde concerne précisément l’ouverture des adhésions pour la saison à venir. Les adhérents se disent surpris qu’un bureau sur le départ prenne une telle décision, après deux années de fermeture.
Cette lecture traduit une réelle crainte de voir le processus d’adhésion détourné de son objectif organisationnel pour devenir un levier d’influence sur les équilibres internes du club.
Au-delà de cette question, les critiques portent également sur l’absence d’une date claire pour la tenue de l’assemblée générale, perçue comme une manœuvre visant à gagner du temps et à maîtriser le calendrier. Aux yeux des adhérents, le facteur temps constitue un levier stratégique, notamment dans un contexte de pression croissante sur le bureau actuel.
Vers une commission provisoire?
Face à cette situation, les adhérents appellent à une démission immédiate du bureau directeur et à la mise en place d’une commission provisoire indépendante chargée de gérer les affaires courantes jusqu’à la tenue de l’assemblée générale, à l’écart de toute influence du bureau actuel.
Ils insistent également sur la nécessité d’encadrer strictement le processus d’adhésion, à travers des critères transparents garantissant l’égalité des chances entre les candidats et empêchant toute instrumentalisation à des fins électorales.
Cette position traduit une volonté de rompre avec la gestion actuelle et de redéfinir les règles du jeu avant l’échéance électorale, ainsi qu’un refus catégorique de voir le bureau en place poursuivre ses fonctions.
Tous les scénarios restent ouverts
Cette montée des tensions ne peut être dissociée du débat autour des finances du club. Dans un précédent communiqué, les adhérents ont évoqué la possibilité de recourir à la justice et de réclamer un audit financier global et indépendant. Un élément qui ajoute une nouvelle dimension à la crise, dépassant le cadre électoral pour interroger les modalités de gestion financière, dans un contexte où les investissements consentis ne se reflètent pas dans les résultats sportifs.
Dans ce climat, la prochaine assemblée générale s’annonce loin d’être ordinaire et pourrait constituer un tournant dans l’histoire du club.
Un premier scénario verrait le bureau actuel se maintenir jusqu’à l’échéance, avec des élections organisées dans un climat tendu, susceptible d’affecter leur transparence.
Un deuxième scénario repose sur une éventuelle démission immédiate sous la pression des adhérents, ouvrant la voie à une commission provisoire — une option qui pourrait apaiser les tensions, mais soulève des défis organisationnels et des interrogations sur les profils capables de redresser le club.
Enfin, un troisième scénario envisage une escalade du conflit, pouvant aller jusqu’à un recours judiciaire, notamment en cas de désaccord persistant sur la légitimité de certaines décisions, en particulier celles liées aux adhésions.
Dans l’attente d’un dénouement, une certitude demeure : le Wydad s’apprête à vivre l’une des périodes les plus sensibles de son histoire, où l’assemblée générale dépassera le simple cadre électoral pour devenir un véritable test de son avenir et de ses équilibres internes.
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