Société
Vaccination: le Maroc suspendra-t-il l'utilisation du vaccin AstraZeneca?
15/03/2021 - 18:35
Meryem Ait Ouaanna
Depuis quelques jours, le vaccin du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca est au coeur de la polémique. En une semaine, 9 pays ont suspendu l'utilisation de ce vaccin en raison de craintes liées à la formation de caillots sanguins. Qu'en est-il du Maroc ? La réponse.
La polémique autour du vaccin contre la Covid-19 développé par la société britannico-suédoise AstraZeneca ne cesse d’enfler. Récemment, neuf pays, à savoir, le Danemark, la Bulgarie, la Thaïlande, l’Islande, la Norvège, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Allemagne et la France, ont pris la décision de suspendre temporairement leur campagne de vaccination avec les doses AstraZeneca. Cela fait suite à la survenue de cas de thromboses -formation de caillots sanguins- chez certaines personnes vaccinées.
L’inquiétude est montée d’un cran ces derniers jours face aux interrogations autour des effets secondaires du vaccin suédo-britannique. En réaction, AstraZeneca a précisé dans un communiqué rendu public ce dimanche 14 mars 2021, qu’ « un examen attentif de toutes les données de sécurité disponibles de plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne et au Royaume-Uni avec le vaccin COVID-19 AstraZeneca n'a montré aucune preuve d'un risque accru d'embolie pulmonaire, de thrombose veineuse profonde ou de thrombocytopénie, quel que soit l'âge défini, groupe, sexe, lot ou dans un pays en particulier ».
Joint par SNRTnews, le professeur Moulay Said Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM) et de la Fédération nationale de la santé (FNS), et membre du comité national technique de vaccination affirme qu’à ce stade, rien ne prouve qu’il existe un lien entre le vaccin AstraZeneca et les caillots sanguins. « Il faut établir la causalité. Jusqu'à ce jour, il n’a pas de relation véridique entre le vaccin et ce qui a été rapporté par les médias étrangers. Pour l’instant, la suspension du déploiement du vaccin AstraZeneca par certains pays est juste une mesure de précaution. Les études sont en cours pour déterminer s’il y a vraiment un rapport entre le vaccin et l’apparition d'évènements thromboemboliques », a-t-il expliqué.
Concernant la situation au Maroc, le professeur Afif déclare que « les effets secondaires qui ont été répertoriés chez les 3 millions de personnes ayant reçu une dose AstraZeneca, sont tout à fait normaux. En général, il s’agit de syndromes pseudo-grippaux tels que les rougeurs, la fièvre, les courbatures, les maux de tête, ainsi que des douleurs au niveau du siège de la vaccination. Ces effets disparaissent au bout de 48 heures », rassure le médecin.
De son côté, Margaret Harris, porte-parole de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré vendredi 12 mars 2021 lors d’un point de presse de l’ONU à Genève qu’« il n y a pas de raison de ne pas utiliser le vaccin du laboratoire AstraZeneca ». Et d’ajouter : « Nous devons toujours nous assurer que nous étudions toutes les alertes de sécurité quand nous distribuons des vaccins et nous devons les passer en revue, mais il n'y a aucune indication de ne pas l'utiliser ». La porte-parole de l’OMS a également précisé que pour l’heure, « aucun lien n’avait été établi par les experts de l'organisation entre la formation de caillots sanguins et l'administration d'une dose du vaccin ».
Après la suspension de l'utilisation du vaccin AstraZeneca dans plusieurs pays, le Maroc pourrait-il suspendre la vaccination avec les doses du vaccin britannico-suédois ? Que nenni, enfin pour le moment.
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