Sport
Vámonos !
06/12/2022 - 13:35
Nassim El Kerf
Les Lions de l’Atlas s’apprêtent à disputer l’un des matchs les plus importants de l’histoire du football marocain, si ce n’est le plus important depuis un certain Maroc-Allemagne en 1986. L’équipe nationale, leader du groupe F va affronter cet après-midi l’Espagne, deuxième du groupe E. Avec nos valeurs, principes et convictions, nos Lions ont déjà conquis tous les cœurs. Pour l’histoire, pour l’amour de la patrie. Vámonos! (Allons-y!)
Le rêve paraissait si loin. Il y a moins de 20 jours, nous assistions à la sublime cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, le Mondial de toutes les exceptions.
Le ballon circule en hiver, dans un pays arabe et musulman, un match d’ouverture où le pays organisateur s’incline (0-2), des stades sans alcools, supporters en Kamis et Ghutra sur la tête, c’est du jamais vu. Il manquait une surprise à cette compétition, une équipe qui saura unir toutes ces belles choses sous le même drapeau, qui saura conquérir les cœurs ou rendant fiers les siens, ses voisins et ses cousins.
Hoalid Regragui et ses Lions de l’Atlas ont tenu à être la seule et unique vraie surprise de cette Coupe du Monde. "On y va pas (au Qatar ndlr) pour jouer 3 matchs et revenir", déclarait le sélectionneur au moment de sa prise de fonction au mois d’août dernier. Beaucoup l’ont pris pour un fou, un beau-parleur qui maîtrise ses discours face aux médias.
Mais puisque seuls les fous arrivent à changer le monde. Hoalid et les siens, ceux qui ont été assez fous pour y croire, sont en train de changer le monde du football. De le révolutionner. Bousculer la hiérarchie, changer les idées reçues pour se faire respecter. Pour y arriver, les Lions de l’Atlas ont tapé des poings sur la table pour sortir leader-invaincu du groupe F avec 7 points, devant la Croatie vice-championne du monde et la Belgique 3e du Mondial russe, rien que ça.
Deux victoires ont suffi aux Marocains pour jubiler pour sortir danser sous la pluie qui nous avait tant manqué. Grâce au football, cette science de savants fous, ceux qui basculent dans l’irrationnel. Ceux qui croient aux ondes positives, qui croient aux miracles et aux belles histoires écrites par un ballon qui des fois, choisit son camp.
Jusqu’ici, tout va bien. Le plan est en marche, les Lions se rassurent et surprennent le monde. Comment un pays de ce continent, peut faire partie des grands ? Face à l’Espagne, les pronostics penchent pour la Roja, les bookmakers appliquent la logique et fixent les cotes, les parieurs eux… hésitent. Pourquoi? Parce que les Lions de l’Atlas ont déjà prouvé qu’ils peuvent tout chambouler et pas seulement parce qu’ils font preuve de "Nia".
La bonne foi seule ne suffit pas et ne suffira jamais. Si le sélectionneur en parle souvent, c’est parce qu’il sait qu’il nous faut un peu, un brin, un zeste d’espoir pour nous accrocher à notre rêve qu’on ose pas crier sur les toits, mais qu’on préfère évoquer tout bas… juste parce que nous sommes Africains. Pour Hoalid, le rêve de remporter la Coupe du Monde est légitime, il donne de l’espoir, rempli les cœurs et les esprits de bonnes ondes en attendant ce sacre qui ne saura pas tarder.
Si ce n’est pas pour cette année, ce sera pour la prochaine … pourvu qu’on en rêve, qu’on y croit dur comme fer. Dans l’histoire, les petits finissent toujours par accomplir leur révolution. Dans le football, la révolution serait de voir une équipe africaine championne du monde, pour la première fois.
Pour l’instant, l’histoire retient 8 champions. L’Uruguay et ses deux titres, le Brésil et ses cinq étoiles, l’Argentine et ses deux sacres, la France et ses deux triomphes, l’Angleterre et son unique couronne, l’Allemagne qui n’est plus qu’à une Coupe du record tout comme l’Italie, et un petit poucet, l’Espagne, notre adversaire du soir. En 2022, nous ne cherchons pas forcément à faire partie de ce cercle si fermé, nous voulons juste prouver que c’est bien possible d’y gagner sa place, avec beaucoup de rage, d’envie, de confiance et un brin de bonne foi.
En 2022, nous sommes déjà très fiers d’avoir pu prouver au Monde du football que le Maroc n’a plus rien à envier aux Belges, ni aux Croates et qu’il est toujours devant des pays comme le Canada. En 2022, nous avons commencé la révolution, et tant pis si elle s’arrête en si bon chemin, c’est uniquement pour mieux la reprendre, dans quatre ans. Vámonos !
Articles en relations
Sport
Sport
Sport
Sport