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Yassine Bounou: “El portero” au mental d’acier
19/06/2025 - 19:05
Matar Bensalmia
Dans le football, l’histoire ne se rappelle généralement que des meilleurs attaquants. Pourtant, Yassine Bounou, dit "Bono", va à coup sûr s’imposer comme une exception. Et dans la mémoire des Marocains, son nom restera longtemps gravé
Né à Montréal en 1991, formé au Wydad de Casablanca, il incarne cette rare catégorie de gardiens capables de changer le cours d’un match par leur calme et leur sang-froid. Sa prestation remarquable comme à l’accoutumé, face au grand Real Madrid lors du Mondial des clubs à Miami, l’a une fois de plus prouvé.
Dans les détails, Al-Hilal, le club saoudien où il évolue depuis 2023, affrontait l’ogre madrilène. Malgré un nul, ce que retiennent les observateurs, c’est la performance de Bounou. Une envolée pour détourner une tête de Garcia, puis, surtout, ce penalty stoppé à la 92e minute face à Valverde. Un plongeon, parfaitement anticipé, exécuté avec calme et précision. Un arrêt qui a fait lever tout un stade et rappelé au monde que Bono mérite toutes les éloges.
D’ailleurs, la presse ne s’y est pas trompée. En Espagne, Marca le décrit comme un "probablement le meilleur tireur de penalty au monde". En effet, il est capable de conserver une sérénité à toute épreuve dans les moments les plus tendus. C’est un trait de caractère qu’il traîne depuis toujours et l’a encore plus prouvé lors du Mondial 2022, où il avait déjà écœuré l’Espagne lors de la séance fatidique, menant le Maroc jusqu’en demi-finale.
Lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, Bounou s’était imposé comme l’un des visages de l’épopée marocaine. Héros des tirs au but face à l’Espagne en huitièmes, il avait multiplié les parades décisives contre le Portugal en quart et fait preuve d’un calme olympien même face à la France en demi-finale. Son rôle dans cette aventure historique, première pour un pays africain à ce stade de la compétition, a fait de lui une icône nationale et un symbole d’inspiration pour toute une génération.

Ce mental d’acier est le fruit d’un professionnalisme exemplaire. Discipliné, sérieux, à l’écoute, le portier marocain est reconnu pour sa préparation minutieuse et son humilité. Toujours à sa place, jamais dans l’esbroufe. Dans le vestiaire comme sur le terrain, il guide sans crier, inspire sans dominer. Bono structure la défense et rassure tout un bloc.

Polyglotte, il parle couramment arabe, français, anglais et espagnol. Bounou est aussi un modèle d’intégration et de leadership.
Son palmarès plaide pour lui : deux Ligues Europa avec Séville (2020, 2023), un Trophée Zamora du meilleur gardien de Liga en 2022, une place dans le dernier carré d’un Mondial historique avec le Maroc. Et désormais, une performance de haut vol face au Real Madrid, qui pourrait bien marquer un tournant dans la carrière internationale d’Al-Hilal.
Vers la terre de Messi ?
À l’issue de sa brillante prestation face au Real Madrid, Yassine Bounou a laissé entrevoir une facette plus intime de son parcours. Interrogé par TyC Sports, le gardien marocain a exprimé son envie de porter un jour les couleurs du River Plate. Cité par Marca, il confie: "c’est un club qui m’a toujours fait rêver. Le football, c’est une question de timing, mais j’ai le sentiment d’y avoir une famille".
À 34 ans, Bounou ne semble pas prêt à poser les gants. Mieux, il continue de s’imposer comme un rempart infranchissable.
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