Africa
5e édition des JIMF : l'Afrique face aux défis du changement climatique
24/05/2024 - 11:39
Aya LankaouiLa 5e édition des Journées Internationales de Macroéconomie et de Finance (JIMF), organisée par Bank Al-Maghrib, l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et l’Université de Bâle, se tient cette année du 22 au 24 mai au Palais des Congrès de Dakhla.
Cet événement, placé sous le thème "Intégration économique en Afrique : La voie vers un avenir plus prospère", s'inscrit dans une dynamique de réflexion sur les défis et opportunités de l'intégration économique du continent africain. Inspirée par l’Initiative Atlantique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette rencontre vise à favoriser un dialogue constructif entre les principaux acteurs économiques et financiers du continent.
Lors de son allocution sur les changements climatiques à la deuxième journée des JIMF, tenue ce jeudi 23 mai, Ziani Moncef, membre du Conseil économique, social et environnemental du Maroc, a souligné que le continent africain est responsable de seulement 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, il est particulièrement vulnérable et gravement affecté par les changements climatiques.
Il a expliqué que cette vulnérabilité résulte principalement du niveau de vie de la population et de l'état des infrastructures. Pour atteindre un niveau d'infrastructure relativement satisfaisant, l'Afrique doit investir 120 milliards de dollars par an pendant 10 ans. Actuellement, le continent n'investit qu'environ 45 milliards de dollars par an, ce qui est insuffisant pour combler ce retard, selon les évaluations de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.
Ziani Moncef a également cité une enquête menée à l'échelle africaine par l'Union des Conseils Économiques et Sociaux d'Afrique (UCESA), révélant que 70% des citoyens déclarent ressentir les conséquences des changements climatiques, telles que la modification des cycles saisonniers, la hausse des températures, les épidémies et la baisse de la production agricole. De plus, 60% des Africains se disent déjà engagés dans la lutte contre le changement climatique, montrant ainsi que le citoyen africain n’est pas passif face à cette menace.
Concernant la mobilité climatique, M. Ziani a mentionné des projections de la Banque mondiale indiquant que, si aucune action n'est entreprise pour lutter contre le changement climatique, 84 millions de personnes en Afrique pourraient être contraintes de migrer d'ici 2050 à cause de ces changements.
Pour remédier à cette situation, l’UCESA a élaboré un plaidoyer adressé aux gouvernements africains et aux instances internationales. Ce plaidoyer vise à développer une agriculture climato-intelligente et des politiques de sécurité alimentaire solidaires, à adapter les systèmes de santé pour faire face aux crises sanitaires induites par les changements climatiques et à renforcer la résilience des habitats et des infrastructures.
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