Société
Affaire "Escobar du Sahara": Des amendes et des confiscations supérieures à 9 milliards de dirhams
26/06/2026 - 13:02
Youness Oubaali
La Chambre criminelle près la Cour d'appel de Casablanca a rendu son verdict dans l'affaire de trafic international de drogue dite de l’"Escobar du Sahara". Au-delà des peines privatives de liberté se chiffrant en dizaines d'années de prison ferme, le jugement a imposé des amendes, des confiscations et des réparations financières au profit de l'Administration des douanes totalisant près de 9,17 milliards de dirhams.
La juridiction a prononcé l'acquittement d'un seul accusé et a condamné l'ensemble des autres prévenus pour les faits qui leur sont reprochés, après avoir rejeté les vices de forme liés à la prescription et confirmé ses décisions préliminaires antérieures.
Abdenbi Bioui a écopé de 12 ans de réclusion criminelle assortis d'une amende de 150.000 dirhams. L'ancien parlementaire Said Naciri a été condamné à 10 ans de prison ferme, une peine identique à celle infligée à un autre ancien parlementaire. Le frère de Bioui ainsi que deux coaccusés ont été condamnés à 9 ans de prison ferme et à une amende de 250.000 dirhams chacun. Six autres prévenus se sont vus infliger des peines de 8 ans de prison ferme assorties d'une amende de 700.000 dirhams par accusé. Deux accusés ont été condamnés à 6 ans de prison ferme et 120.000 dirhams d'amende chacun, deux autres à 5 ans de prison ferme et 100.000 dirhams d'amende, et trois prévenus à 4 ans de prison ferme et 100.000 dirhams d'amende. La Cour a également condamné un accusé à 4 ans de prison ferme et 2000 dirhams d’amende, deux autres à 4 ans ferme, deux individus à 3 ans de prison ferme et 1000 dirhams d'amende, et trois personnes à 2 ans de prison ferme et 1000 dirhams d'amende. Une femme a été condamnée par contumace à 2 ans de prison ferme et à une amende de 1,25 million de dirhams, tandis qu'un autre accusé a écopé de 2 ans de prison ferme et d'une amende de 500.000 dirhams. Le tribunal a ordonné la destruction des documents falsifiés et a mis les dépens à la charge des condamnés, avec application de la contrainte par corps dans les limites légales.
L’instance judiciaire a ordonné la confiscation des avoirs de plusieurs condamnés à hauteur de 10 millions de dirhams pour Abdenbi Bioui, 8 millions de dirhams pour son frère, et 6 millions de dirhams pour Saïd Naciri ainsi que pour quatre autres coupables, portant le montant total des biens confisqués à 34 millions de dirhams.
Concernant l'action civile, la Cour a fait droit aux requêtes de l'Administration des douanes et impôts indirects en condamnant les coupables à verser des indemnités liées aux volumes de résine de cannabis saisis et aux infractions à la législation des changes. Pour le trafic de chira, les réparations s'élèvent à 4 milliards de dirhams pour une quantité de 200 tonnes, 1,6 milliard de dirhams pour 80 tonnes, 1 milliard de dirhams pour 50 tonnes, 800 millions de dirhams pour 40 tonnes, 500 millions de dirhams pour deux cargaisons de 15 et 10 tonnes, 300 millions de dirhams pour 15 tonnes, 200 millions de dirhams pour 10 tonnes, 70 millions de dirhams pour 3 500 kilogrammes, 16 millions de dirhams pour des quantités de 300 et 500 kilogrammes, 10 millions de dirhams pour des quantités de 200 et 300 kilogrammes, et 1,55 million de dirhams pour 77,5 kilogrammes. Pour les infractions au code des changes, Abdenbi Bioui doit s'acquitter d'amendes de 165 millions de dirhams sur 3 millions d'euros, 157,5 millions de dirhams sur 3,15 millions d'euros, 57,5 millions de dirhams sur 1,15 million d'euros, et deux fois 50 millions de dirhams sur deux montants de 1 million d'euros chacun. Saïd Naciri a été condamné à verser 100 millions de dirhams sur un montant de 2 millions d'euros, 40 millions de dirhams sur un transfert d'une valeur de 8 millions de dirhams, et 17,5 millions de dirhams sur 350 000 euros.
Ce dossier a éclaté suite aux accusations portées par le baron de la drogue surnommé le "Malien", qui avait reproché à plusieurs mis en cause de s’être approprié ses biens immobiliers après son incarcération à la prison d'El Jadida en 2019. Le 22 décembre 2023, le juge d'instruction près la Cour d'appel de Casablanca avait ordonné le placement en détention provisoire de Saïd Naciri et d'Abdenbi Bioui à la prison locale d'Aïn Sebaa (Oukacha), avant d'écrouer le reste des suspects pour engager les interrogatoires détaillés à partir du 25 janvier 2024.
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