Art & Culture
Neïla Tazi : Le Festival Gnaoua fait d’Essaouira un carrefour mondial du dialogue culturel
25/06/2026 - 21:24
Khaoula Benhaddou | Morad Karakhi
À Essaouira, la 27ᵉ édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde s’ouvre sous le signe du dialogue des cultures et de la transmission. À cette occasion, sa directrice et productrice, Neila Tazi, a rappelé la vocation profondément humaniste de cet événement devenu, au fil des années, un carrefour international de création, de partage et de rencontre entre artistes du monde entier.
Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde poursuit son ambition de faire d’Essaouira un espace privilégié de rencontre entre les cultures et les peuples. À l’ouverture de la 27ᵉ édition, jeudi 25 juin, sa directrice et productrice, Neïla Tazi, a réaffirmé la vocation du rendez-vous souiri à promouvoir le dialogue, la transmission et l’ouverture à travers la musique.
Prenant la parole devant les festivaliers, les artistes et les partenaires de l’événement, elle a rappelé le chemin parcouru depuis la création du festival. "Il y a vingt-sept ans, Essaouira a fait le pari de faire de la musique un langage universel, de la culture un pont entre les peuples et de la diversité une source d’inspiration", a-t-elle déclaré, soulignant que cette vision a permis au festival de s’imposer parmi les grands rendez-vous internationaux dédiés aux musiques du monde.
Cette année, la manifestation rassemble 43 maâlems gnaoua venus de différentes régions du Royaume ainsi que des centaines d’artistes issus d’Afrique, d’Europe, d’Asie, des Amériques et du monde arabe. Tous convergent vers la cité des Alizés pour partager leurs traditions, leurs expériences et leurs univers artistiques dans le cadre d’une programmation placée sous le signe de la rencontre et de la création.
Pour Neïla Tazi, la force du festival réside dans sa capacité à dépasser le simple cadre musical. Elle a souligné qu’Essaouira offre au monde un modèle marocain fondé sur le dialogue interculturel, où la différence est perçue comme une richesse favorisant la découverte mutuelle et le rapprochement entre les peuples.
La directrice du festival a également mis en avant le rôle central de la jeunesse dans cette aventure culturelle. Depuis sa création, le festival s’appuie sur une nouvelle génération attachée à son identité tout en étant résolument ouverte sur le monde. Une jeunesse qui contribue à imaginer de nouvelles formes de coexistence et participe à construire l’avenir à travers la culture et la créativité.
Elle a, par ailleurs, rendu hommage aux maâlems gnaoua, véritables gardiens de ce patrimoine ancestral, saluant leur contribution à la préservation et à la transmission de cet héritage aux nouvelles générations. Grâce à leur engagement, a-t-elle estimé, Essaouira s’est affirmée comme une référence culturelle internationale.
Dans le même esprit de transmission, Neïla Tazi a annoncé la reconduction, pour la troisième année consécutive, du partenariat avec le Berklee College of Music. Ce programme de formation réunira des musiciens originaires de 24 pays, offrant aux jeunes talents des opportunités d’apprentissage, d’expérimentation et de développement artistique. Une initiative qui reflète la conviction du festival que l’avenir de la musique repose autant sur la valorisation du patrimoine que sur l’accompagnement des nouvelles générations.
La responsable a enfin exprimé sa gratitude à l’ensemble des acteurs mobilisés pour la réussite de cette édition, notamment les artistes, partenaires, autorités locales, services de sécurité, élus, membres du comité d’organisation et bénévoles. Elle a également salué l’engagement des habitants d’Essaouira, dont l’hospitalité contribue chaque année à faire de la ville un symbole vivant de coexistence et d’ouverture.
Organisée du 25 au 27 juin 2026, la 27ᵉ édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde réunit près de 460 artistes marocains et internationaux. La programmation fait la part belle aux fusions musicales et aux échanges culturels, avec la participation d’artistes tels qu’Asma Lamnawar, Hoba Hoba Spirit, Bob Maghrib et Sara Moullablad, aux côtés de figures internationales comme Ganavya, Sylvain Barou, 47Soul, Yasmine Hamdan, Badume's Band, Selamnesh Zemene et The Harlem Spirit of Gospel dirigé par Anthony Morgan.
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