Art & Culture
Asghar Farahadi: "J’observe ce qui se passe en Iran avec beaucoup d’inquiétude et d’espoir"
17/11/2022 - 19:20
Abderrahim Smougni
Asghar Farahadi n’est plus à présenter. Le réalisateur iranien doublement oscarisé se trouve actuellement à Marrakech pour participer à la 19e édition du FIFM. Lors de son passage au programme "Conversation avec…" le cinéaste des films "La séparation" et "Le vendeur" est revenu sur les événements de l’Iran, son amour pour le cinéma et sa fascination pour la ville ocre.
Conscient de l’importance des événements qui se passent actuellement en Iran, le réalisateur Asghar Farahadi, a choisi de devancer les journalistes présents au palais des Congrès de Marrakech pour parler de la situation dans son pays natal.
Lors de son passage le 17 novembre au programme "Conversation avec.." du Festival international du film de Marrakech, le réalisateur s’est exprimé sur les manifestations qui se déroulent en Iran depuis le meurtre de Mahsa Amini.
Le réalisateur qui a décroché deux Oscars, l’Ours d'or de Berlin et le César a tenu à saluer le militantisme du peuple iranien: "Je profite de l'occasion pour saluer le peuple iranien qui se bat pour la liberté. Comme d'autres Iraniens, je suis ce qui se passe dans mon pays avec inquiétude et tristesse, mais aussi avec beaucoup d'espoir. Je suis sûr que ces efforts vont payer à la fin".
Un passionné du cinéma
Enfant, Farahadi a toujours été fasciné par l’image et le cinéma: "Je n’oublierais jamais ma première fois dans une salle obscure. Nous habitions dans un village reculé et on devait se rendre en ville pour assister à une projection. On est arrivé en salle en retard et le film avait déjà commencé. Sur le chemin du retour, j'ai commencé à imaginer le début du film en créant mes propres scénarios. C’est comme ça qu’est né mon amour pour le cinéma" se rappelle t-il.
Le réalisateur des films "Une séparation" et de "Le vendeur" explique qu’il n’aime pas quand le cinéma oriente le spectateur "'aime le cinéma qui implique le spectateur, sans que le réalisateur impose son point de vue" et d’ajouter "avant, le public était fasciné par l’image. La relation était purement verticale entre le réalisateur et le destinataire, mais avec le temps cette règle a changé, le spectateur est devenu un arbitre".
Farahadi confirme qu'il est un réalisateur ouvert d'esprit qui rêve de tourner un film dans le sud d'Italie qui est "le plus proche de sa culture".
Une fascination pour Marrakech
Se baladant dans les ruelles de Marrakech, le réalisateur d’ "Everybody Knows" a eu un drôle d’incident "pour profiter de ma présence dans la ville ocre, j’ai voulu découvrir l’ancienne médina et m’éloigner des lieux touristiques. Les sons, les couleurs et les odeurs m’ont rappelé ma ville natale. Je me suis tellement emporté que je me suis perdu dans les ruelles. Ce qui m’a impressionné, c’est que quand j’ai demandé à une fille de m’indiquer le chemin de sortie, elle a carrément changé sa direction pour m’aider" et d’ajouter "trouver quelqu’un qui change son chemin pour vous indiquer le vôtre est une chose magnifique et inhabituelle".
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