Sport
CAN futsal féminin : Dguig et Sayeh, les maîtres du jeu en coulisses
29/04/2025 - 18:31
Amine Oubaha
En accédant pour la première fois à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de futsal féminin, les Lionnes de l’Atlas écrivent une nouvelle page de l’histoire du sport national. Derrière cet exploit, un duo discret mais décisif : Adil Sayeh et Hicham Dguig, les architectes de l’évolution du futsal marocain.
Au coup de sifflet final du match face à l’Angola, des cris de joie ont retenti dans la salle couverte du Complexe Moulay Abdellah de Rabat. Les supporters marocains ont créé une ambiance festive, tandis que les joueuses de l’équipe nationale de futsal hurlaient, gambadaient et se félicitaient de leur qualification pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, qui se joue à domicile.
Dans un geste de reconnaissance et de remerciement, l’entraîneur de l’équipe nationale, Adil Sayeh, a embrassé la tête de Hicham Dguig. Un geste symbolique qui témoigne de la relation forte entre les deux stratèges du futsal marocain. Chacun a ses responsabilités, mais les deux hommes partagent des racines communes. Tous deux sont originaires de la ville de Kénitra, véritable terre de futsal, qui a donné naissance au mythique club Ajax de Kénitra.
En battant la sélection angolaise (5-1), les Lionnes de l’Atlas affronteront, mercredi 30 avril 2025, en finale, la Tanzanie pour tenter de décrocher leur premier sacre africain. Un succès fruit du travail acharné mené depuis des années par les deux entraîneurs, Hicham Dguig et Adil Sayeh. Pas besoin de revenir sur le rôle central de Dguig dans l’évolution du futsal au Maroc, un sport qui ne cesse de gagner en maturité.
Directeur technique des sélections nationales de futsal, Dguig a été à l’origine de la nomination de Sayeh à la tête de l’équipe féminine, qui était auparavant dirigée par l’Espagnole Sara Moreno. "L’équipe nationale est dirigée depuis plusieurs mois par le cadre marocain Adil Sayeh, qui veille sur leurs entraînements et leur préparation pour cette CAN. C’est un entraîneur compétent, détenteur de plusieurs diplômes et disposant d’une grande expérience, tant au Maroc qu’à l’étranger", avait précisé Hicham Dguig dans une déclaration à SNRTnews.
Il a ajouté :"Nous l’avons suivi pendant des années. Avant de prendre en charge les Lionnes de l’Atlas, il a dirigé l’équipe nationale des U23 avec laquelle il a remporté un tournoi international au Vietnam, battant l’Iran, une équipe de grande tradition en futsal."
L’équipe nationale engagée dans cette CAN est composée majoritairement de joueuses issues des clubs du championnat féminin, à l’image de Doha El Madani et Cherine Knaidil. Sous la direction de Dguig, le staff technique a eu recours à des footballeuses lors de cette compétition, en attendant de former de plus en plus de jeunes talents et de faire évoluer les sélections nationales de jeunes dans les années à venir.
Habituées à jouer sur un terrain de 100m², les coéquipières de Doha El Madani ont dû s’adapter au format du football à 5. Cela n’a pas été facile, et elles se sont montrées parfois en perte de vitesse dans leurs mouvements au cours des matchs de cette CAN.
Mais malgré ces difficultés, les joueuses marocaines ont su l’emporter et porter le Maroc en finale, tout en se qualifiant pour la Coupe du Monde, prévue aux Philippines, grâce à Sayeh mais aussi à Dguig, qui est resté en contact avec le staff technique depuis les tribunes du Complexe Moulay Abdellah de Rabat.
En se qualifiant pour la finale de la CAN et pour le Mondial, Adil Sayeh, qui a acquis une riche expérience en tant que coach au Qatar avec des clubs comme Al Ahli SC et Al Sailiya Sports Club, avait également triomphé avec les U23 masculins lors d’un tournoi au Vietnam.
Il suit les traces de son mentor et ne manque aucune occasion de lui rendre hommage en évoquant son rôle pionnier dans le futsal marocain. Tout comme Dguig, Sayeh est un entraîneur qui veille particulièrement à la préparation mentale de ses joueuses.
"Nous avons préparé les joueuses et nous leur avons dit que le match pourrait aller jusqu'aux tirs au but, c'est-à-dire qu'il y a eu une préparation mentale importante, car nous connaissions la force de l'Angola. L'aspect mental a eu un grand impact, et il ne faut pas oublier les efforts fournis par Hicham Dguig, car il nous a beaucoup aidés et je le remercie. Le mérite revient à Dguig, car il nous a énormément soutenus grâce à son expérience en futsal", a-t-il déclaré juste après la demi-finale face à l’Angola.
Les Lionnes de l’Atlas joueront, mercredi, pour un titre historique, avec en poche une qualification déjà acquise pour la Coupe du monde. L’occasion de couronner, une fois de plus, les efforts fournis par le duo Dguig-Sayeh.
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