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Cancer du sein: la revue BMJ se distancie d'une étude associant mortalité et absence de dépistage
25/11/2025 - 22:03
AFP
La revue médicale BMJ a pris mardi ses distances avec une étude qu'elle avait publiée deux mois plus tôt, selon laquelle les femmes qui ne se rendent pas à leur premier dépistage du cancer du sein auraient un risque nettement accru d'en mourir.
Les auteurs de cette étude, publiée fin septembre par le BMJ (anciennement British Medical Journal), affirmaient que leurs travaux plaidaient en faveur de mesures plus volontaristes pour inciter les femmes à participer aux programmes de dépistage du cancer du sein.
Or, "les données analysées dans cette étude ne sont pas assez probantes pour justifier un tel appel", prévient le BMJ dans un communiqué.
La revue médicale britannique a publié une "expression of concern". Ce terme - littéralement "avis de préoccupation" - signifie qu'elle se distancie de l'étude, sans aller pour l'heure jusqu'à la retirer.
Cette position s'applique également à un commentaire qui avait été publié dans la même édition du BMJ. Ses auteurs n'avaient pas participé à l'étude, mais appelaient également à agir en faveur d'une meilleure adhésion au dépistage.
L'étude en question avait été réalisée sur les vastes données du programme suédois de dépistage par mammographie: près d'un demi-million de femmes invitées à se faire dépister de 1991 à 2020, à l'âge de 50 ans ou, à partir de 2005, de 40 ans.
Les auteurs concluaient que les patientes ne s'étant pas rendues à leur première mammographie - environ un tiers d'entre elles - avaient plus de risque de mourir d'un cancer du sein dans les 25 ans qui suivent.
L'étude y voyait la conséquence "probable (d')un retard de détection", estimant que le risque était près de moitié (+40%) plus élevé chez les femmes qui ratent leur premier rendez-vous.
Mais le BMJ estime finalement que les auteurs ne fournissaient pas assez de données sur les causes réelles des décès.
Selon la revue, il pourrait donc être fallacieux d'avancer que ces morts auraient pu être évitées grâce à une meilleure adhésion au dépistage.
Cela "suppose non seulement un lien de cause à effet, mais également l'idée que l'on pourrait agir dessus par des mesures qui accroitraient les dépistages", explique le BMJ.
Le commentaire, lui, cite d'autres études allant en ce sens, mais n'indique pas assez clairement que le consensus médical sur la question n'est pas pleinement tranché, précise la revue.
Le corps médical est largement en faveur d'un dépistage généralisé du cancer du sein, mais des débats persistent sur son ampleur, notamment à cause du risque de "surdiagnostiquer" des tumeurs qui n'auraient jamais évolué en cancer dangereux.
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