Economie
Croissance économique en 2019: les disparités régionales persistent
26/07/2021 - 15:51
SNRTnews
Le Haut-Commissariat aux plans (HCP) a établi les comptes régionaux au titre de l’année 2019. Les taux de croissance enregistrés par les différentes régions du Royaume restent marqués par la disparité. Le HCP s’étale sur cet aspect ainsi que sur les régions ayant contribué le plus à la croissance des secteurs économiques principaux.
Conformément aux normes internationales de comptabilité nationale, le HCP a élaboré les comptes régionaux pour l’année de 2019. Dans la note publiée hier, dimanche 25 juillet 2021, il fait état, par région, du PIB en volume et en valeur ainsi que des dépenses de consommation finales des ménages.
Le Produit intérieur brut (PIB) a atteint, en 2019, un volume de 1.137,3 milliards de DH avec une croissance économique de 2,6 % par rapport à l’année 2018, alors qu’aux prix courants, le PIB a marqué une valeur de 1.152,8 milliards de DH avec une augmentation de 4%, souligne la note du HCP. Néanmoins, les 12 régions du Royaume n’ont pas contribué du même taux à cette croissance.
Une croissance économique régionale disparate
Une comparaison globale entre les régions du Royaume fait ressortir un écart important au niveau des taux de croissance réalisés au cours de l’année 2019. Selon les données du HCP, les taux de croissance enregistrés dans sept régions, à savoir la région de Guelmim-Oued Noun, de Laâyoune-Saguia al Hamra, de Daraâ-Tafilalet, de Béni Mellal-Khénifra, de l’Oriental, de Dakhla-Oued ed Dahab et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, ont dépassé la moyenne nationale (2,6%), alors que la région de Marrakech-Safi a à peine dépassé cette moyenne avec un taux de croissance de 2,8%.
En revanche, si ces régions ont enregistré des taux de croissance entre 7,1% et 3,8%, quatre autres régions ont présenté des taux de croissance inférieurs à la moyenne nationale. Dans les régions de Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra et Souss-Massa, les taux de croissance enregistrés sont restés bornés entre 0,6% et 2,3%.
Tout de même, et malgré un taux de croissance inférieur à la moyenne nationale, la région de Casablanca-Settat est responsable de 22,6% de la croissance du PIB, soit une croissance du PIB estimée à 0,6 point. En outre, les régions de Rabat-Kénitra et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, ont contribué, collectivement, de 50% à la croissance du PIB en volume.
Une contribution régionale variée à la création de la richesse nationale
Pareillement aux taux de croissance en volume, la contribution à la création du PIB en valeur diffère d’une région à une autre. Ainsi, 58% de la richesse nationale a été créée par les trois régions susmentionnées : la région de Casablanca-Settat a contribué de 31,8% à la valeur du PIB, celle de Rabat-Kénitra de 15,3% et enfin celle de Tanger-Tétouan-Al Hoceima de 10,9%.
Cinq autres régions, à savoir Marrakech-Safi, Fès-Meknès et Souss-Massa, ont produit 34,7% du PIB, alors que les quatre régions restantes n’ont généré que 7,1% du PIB. A cet égard, il est à souligner que les trois régions du sud n’ont contribué qu’à 4,5% à la création du PIB en valeur.
Trois régions seulement dominent les différents secteurs économiques
Les régions du Royaume ne font pas uniquement preuve de disparité quant à leur contribution au PIB, mais également au niveau des activités dominant leurs structures économiques et de leur contribution aux différents secteurs de l’économie nationale.
Sur le plan national, l’économie marocaine est dominée par le secteur des services marchands et non marchands qui contribue à la création de plus que la moitié de la richesse nationale. Les activités tertiaires représentaient au titre de l’année 2019, 51% du PIB contre 12,1% pour les activités primaires et 25,3% pour celles secondaires.
Sur le plan régional, ce sont six régions seulement qui ont contribué à la création de plus que trois quarts de la valeur ajoutée du secteur primaire, alors que parmi celles-ci trois régions uniquement ont contribué simultanément à la croissance des deux autres secteurs économiques, à savoir le secteur secondaire et celui tertiaire.
Les régions de de Rabat-Salé-Kénitra, de Fès-Meknès, de Casablanca-Settat de Marrakech-Safi, de Souss-Massa et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont contribué pour 73% à la création de la valeur ajoutée nationale du secteur primaire, c.-à-d. le secteur de l’agriculture et de la pêche, en 2019 au lieu de 74,9% en 2018.
En ce qui concerne le secteur secondaire, soit le secteur de l’industrie, des mines, de l’électricité, des travaux publics etc…, les régions de Casablanca-Settat et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont seules créée 56,8% de la valeur ajoutée. Et ce sont également ces deux régions, en plus de la région de Rabat-Kénitra, qui ont créé 59,4% de la richesse générée par les activités tertiaires, soit des services marchands et non marchands.
Une disparité qui touche également le PIB par habitant
En passant d’une région à une autre, le PIB par habitant diffère à son tour. Cet indicateur n’est supérieur à la moyenne nationale de 32.394 DH enregistrée en 2019, que dans six régions seulement. Dans les six régions restantes, il ne dépasse pas les 27 197 DH.
L’an 2019 a été marqué par une légère accentuation des disparités entre les habitants des différentes régions. Si l’écart absolu moyen du PIB par habitant est passé de 13.106 DH en 2018 à 13.115 DH en 2019, celui des dépenses de consommation finale des ménages a atteint a atteint 35,4 milliards de DH en 2019 au lieu de 34,4 milliards de DH en 2018. Les régions de Casablanca-Settat, de Rabat-Salé-Kénitra et de Fès-Meknès ont accaparé un peu plus de la moitié (51,5%) des dépenses de consommation finale des ménages (DCFM) au niveau national, souligne la note publiée par le HCP.
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