Economie
Croissance économique: la Banque Mondiale optimiste pour le Maroc
14/02/2023 - 14:48
Mohammed Fizazi
Le 14 février 2023, la Banque mondiale a publié un rapport intitulé "Le Maroc face aux chocs d'offres", qui met en évidence les défis économiques actuels auxquels est confronté le Maroc.
Malgré un fort rebond économique en 2021 après la pandémie de la COVID-19, l'économie marocaine a été confrontée à une pression croissante de chocs d'offres qui se chevauchent, notamment une grave sécheresse et la flambée des prix des matières premières, ce s'est traduit par une montée de l'inflation.
Le rapport prévoit que la croissance économique du Maroc serait de 3,1 % en 2023 grâce à un rebond du secteur primaire, mais il souligne également que les risques de détérioration persistent en raison des tensions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine, la décélération des principaux partenaires commerciaux de la zone euro et les nouveaux chocs climatiques potentiels. En 2022, la croissance réelle du PIB a chuté de 7,9% en 2021 à 1,2% (estimation), tandis que le déficit de la balance courante s'est creusé pour passer de 2,3% à 4,1% du PIB.
Comme de nombreux autres pays, le Maroc a subi une forte augmentation du taux d'inflation en raison de la guerre en Ukraine et de la réorganisation des chaînes d'approvisionnement mondiales. Il a en effet atteint un pic de 8,3% à la fin de l'année 2022. Le Maroc a mis en place des mesures pour atténuer les répercussions de la hausse des prix des aliments et de l'énergie sur les ménages, notamment l'octroi de subventions générales sur certains produits de première nécessité et le maintien des prix réglementés préexistants. Cela a nécessité la mobilisation de dépenses publiques supplémentaires correspondant à presque 2% du PIB. Cependant, les ménages modestes et vulnérables continuent de souffrir le plus de l'impact de la poussée inflationniste des prix notamment des produits alimentaires.
"Les mesures récentes visant à contrer les chocs d’offres et à préserver le pouvoir d’achat des ménages marocains ont atténué l’impact dans une large mesure, et empêché que davantage de personnes ne tombent dans la pauvreté", affirme Jesko Hentschel, Directeur Pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte.
Le rapport établit également que la grande réforme de la protection sociale envisagée par le Royaume permettra de cibler les aides publiques aux ménages modestes et vulnérables, notant que le gouvernement a attribué une allocation budgétaire supplémentaire à la Caisse de compensation et au soutien à l'ONEE. Ce qui a donné lieu à une forte augmentation des dépenses publiques.
La Banque Mondiale note également que la politique monétaire reste accommodante et que le gouvernement a réussi à réduire le déficit en rebondissant sur les recettes fiscales, provenant notamment de l'impôt sur le revenu (IR), des bénéfices de l'OCP et des droits de douane.
De plus, Bank Al-Maghrib a relevé ses taux d'intérêt deux fois depuis septembre 2022 de 100 points de base au total pour faire face à la situation économique actuelle. À l'avenir, la Banque mondiale estime que la réponse optimale du Maroc en matière de politique monétaire dépendra de la persistance de la pression sur les prix et de l'évolution des prévisions sur l'inflation. Les autorités pourraient envisager de compléter les mesures anti-inflationnistes en introduisant des politiques structurelles visant à assouplir les contraintes d'offres.
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