Art & Culture
Darija Kids: les dessins animés prennent l’accent marocain
17/05/2026 - 19:02
Khawla Znaizini | Ayoub MouhyiddineDans le contexte du dynamisme que connaît le secteur du cinéma d’animation et des dessins animés au Maroc, et dans le cadre de la 24ᵉ édition du festival FICAM, des projets innovants se distinguent en cherchant à repenser la relation du public marocain aux œuvres internationales.
Parmi eux figure le studio d’enregistrement « Darija Kids », une entreprise qui a choisi de faire du doublage en darija marocaine un pont culturel permettant de rapprocher les productions étrangères du spectateur local.
La fondatrice du projet, Noura El Ouzghiti, estime que cette orientation reflète une transformation dans la manière de consommer les contenus d’animation au Maroc. Il ne s’agit plus seulement de regarder des œuvres en langues étrangères, mais d’une prise de conscience croissante de l’importance de proposer ces productions dans une langue proche du public, capable de transmettre les émotions et les références culturelles avec davantage de fluidité et de réalisme.
Dans une déclaration accordée à SNRTnews, Noura El Ouezghiti explique que « Darija Kids » ne constitue pas simplement un projet technique de doublage, mais une initiative culturelle visant à renforcer la présence de la darija marocaine dans les contenus destinés aux enfants, avec un impact pouvant également toucher des catégories d’âge plus élevées, notamment face à l’intérêt croissant des jeunes et des adolescents pour les films et séries d’animation.
Elle souligne également que cette évolution traduit un changement dans la sensibilité visuelle du public marocain, qui considère désormais ce type de productions comme une composante de la culture du quotidien.
De son côté, Yassine Bourhim, technicien son au sein du studio, a affirmé que la participation au festival FICAM permet aux enfants et aux jeunes de vivre une expérience de doublage au cœur de l’Institut français du Maroc, tout en découvrant les techniques du jeu vocal et l’interaction avec les personnages et les émotions.
Dans sa déclaration à SNRTnews, Bourhim a indiqué que ces initiatives contribuent à rapprocher les contenus étrangers du public marocain, tout en ouvrant la voie à des expériences permettant aux jeunes de découvrir l’univers du doublage et de l’expression artistique. Cela reflète, selon lui, l’évolution progressive du rapport des Marocains au cinéma d’animation, qui n’est plus seulement un moyen de divertissement, mais aussi un espace de création et de réinterprétation du sens à travers la langue locale.
Dans un témoignage personnel illustrant cette évolution, Isabelle Azzouz a raconté à SNRTnews sa première expérience de doublage au sein du studio, expliquant que cette étape lui a ouvert les portes d’un nouvel univers d’expression vocale. Elle précise que le doublage ne consiste pas simplement à lire un texte, mais repose sur le rythme, l’interaction avec les émotions et la capacité à transmettre les ressentis des personnages tels qu’ils apparaissent dans l’œuvre originale.
La jeune femme ajoute que cette expérience lui a également permis de développer ses capacités de communication et de découvrir de nouvelles possibilités dans le domaine de la performance vocale. Elle considère par ailleurs que le doublage l’aide à se rapprocher davantage de la darija marocaine, vivant en France, à travers le travail sur l’intonation, les significations et les contextes du langage quotidien.
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