Art & Culture
De "Taxi Driver" à "Panic Room": Les leçons de Jodie Foster à Marrakech
01/12/2025 - 11:03
MAP/SNRTnewsInvitée du programme "Conversations" lors de la 22e édition du Festival International du Film de Marrakech (FIFM), Jodie Foster a retracé avec sobriété et lucidité les étapes d’une carrière entamée très tôt et façonnée par des rencontres déterminantes.
Devant un public nombreux, l’actrice et réalisatrice est revenue sur les moments fondateurs qui ont marqué plus d’un demi-siècle de présence devant et derrière la caméra.
Foster a notamment replongé dans l’expérience décisive de "Taxi Driver" de Martin Scorsese, tourné alors qu’elle n’avait que douze ans. Auprès de Robert De Niro, elle dit avoir appris l’art de l’improvisation et une méthodologie de construction des personnages qui ont profondément influencé sa manière d’aborder le jeu. Elle évoque avec une admiration particulière David Fincher, réalisateur de « Panic Room », de qui elle affirme avoir davantage appris que de tout autre cinéaste.
L’actrice a rappelé le rôle central de sa mère, véritable « école de cinéma », qui l’a initiée très tôt aux œuvres d’Antonioni, Visconti ou Fassbinder, ainsi qu’à des films plus confidentiels. Les projections et les festivals, vécus comme un voyage permanent, ont nourri chez elle une réflexion précoce sur la vision artistique, le rôle de l’art et les techniques d’interprétation.
Ce bagage a forgé une rigueur qui ne l’a jamais quittée. Foster confie ne pas avoir été pleinement satisfaite de sa performance dans "Les Accusés" de Jonathan Kaplan, malgré l’Oscar obtenu. Le doute, explique-t-elle, est l’une des forces qui la poussent à revenir sans cesse en studio. Ses périodes d’éloignement des écrans s’accompagnent toujours d’un sentiment d’incertitude qui ravive son désir de se dépasser.
Avec la maturité, elle recherche désormais dans les rôles des éléments inattendus et n’hésite pas à s’aventurer vers des genres moins familiers, comme la comédie. Une constante demeure toutefois : l’exploration des questions liées à la justice et la remise en cause des structures de domination. Elle assume pleinement son engagement féministe et son regard critique, notamment au sein de son propre milieu professionnel.
Foster a par ailleurs exprimé sa préférence pour la sensibilité des réalisatrices, qu’elle juge dotées d’une capacité singulière à écouter, à dialoguer d’égal à égal et à sonder la profondeur des personnages. En tant qu’actrice et réalisatrice, elle dit privilégier des protagonistes indépendants, qui brisent le silence et racontent leur histoire de leur propre voix.
Refusant de choisir entre cinéma populaire et cinéma d’auteur, elle affirme rechercher avant tout des films capables de toucher des publics variés tout en conservant leur authenticité artistique. Elle défend une démarche offrant une expérience à la fois intellectuelle, émotionnelle et spirituelle.
Sa carrière, que sa mère imaginait s’arrêter à ses dix-huit ans pour laisser place aux études, s’est au contraire imposée comme un destin artistique exceptionnel, traversant les générations et les cultures. En dehors d’Hollywood, Foster a tourné en italien et en allemand, et a récemment participé au film « Une vie privée » de Rebecca Zlotowski. Elle confie enfin qu’elle aimerait vivre un jour un moment de cinéma entourée d’amis, réunis autour d’une table marocaine.
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