Art & Culture
Décès d'Abdelhadi Belkhayat: Le Maroc pleure l'un des derniers géants de son âge d'or musical
31/01/2026 - 10:30
SNRTnews
L'artiste marocain Abdelhadi Belkhayat s'est éteint vendredi 30 janvier 2026. Il a rendu l'âme à l'hôpital militaire de Rabat, où il avait été admis il y a quelques jours suite à la dégradation de son état de santé. Cette disparition marque la fin d'une époque pour la culture marocaine, laissant le pays en deuil d'une de ses plus grandes icônes.
Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a rendu un vibrant hommage au défunt. Il a déclaré avoir appris la nouvelle avec une immense tristesse, qualifiant Abdelhadi Belkhayat de voix éternelle de la mémoire artistique nationale. Selon le ministre, l'artiste a marqué la scène marocaine par des œuvres raffinées et des paroles sincères, porteuses de valeurs de beauté, de spiritualité et d'engagement. Son parcours artistique et humain exceptionnel a fait de lui un symbole de la chanson marocaine authentique, un nom gravé dans la conscience de générations de Marocains.
Un pilier de la chanson marocaine
À l'âge de 86 ans, s'éteint l'un des piliers de la chanson marocaine. Malgré son retrait de la scène il y a quelques années, les Marocains n'ont jamais oublié sa voix douce et mélodieuse. Il laisse derrière lui un répertoire authentique et le profil unique d'un artiste qui a conquis les cœurs de tous les âges. Au sommet de sa gloire, il avait choisi de se retirer des projecteurs, optant pour une vie de piété et de discrétion. Il avait marqué cette transition par l'interprétation d'un ancien poème soufi, accompagné d'une chorale d'enfants, comme une prière pour l'apaisement des souffrances de chacun.
Un parcours marqué par l'excellence
Né en 1940 à Fès, capitale spirituelle du royaume, sous le nom d'Abdelhadi Zouggari Idrissi, il s'est dirigé très tôt vers Casablanca pour se consacrer à la musique et au chant. Ses premières tentatives à la radio de Casablanca furent un succès immédiat et ses enregistrements se sont enchaînés dès les années 1960. Il s'est lancé dans le monde de la musique durant une période de prospérité artistique sans précédent, collaborant avec de grands noms de la composition et de la poésie tels qu'Ahmed Bidaoui, Abdelnabi Jirari, Abdelkader Rachdi et Abdessalam Amer.
Le défunt s'est illustré par ses poèmes de style contemporain, dont certains qu'il a lui-même composés. Parmi ses chefs-d'œuvre les plus célèbres figurent des titres comme Ramouch, El Hatef, El Miâad, Al Qamar Al Ahmar (La Lune Rouge), Ach-chati’ ou encore Al Ams Al Qarib. Son talent ne s'est d'ailleurs pas limité à la chanson, puisqu'il a également tenté l'aventure cinématographique avec trois films : "Silence, sens interdit" en 1973, "Dounia Gharami" au Liban, et "Où cachez-vous le soleil ?" en 1979 aux côtés d'acteurs égyptiens renommés.
Un héritage éternel
Bien qu'il ait mis fin à sa carrière de chanteur, Abdelhadi Belkhayat n'a jamais pu effacer son souvenir ni ses mélodies de la mémoire collective des Marocains. Il est considéré comme l'un des rares artistes admirés par des générations très différentes, y compris par les jeunes qui n'ont pas connu ses années de gloire. Sa mort ne l'effacera pas de l'esprit des millions de Marocains qui continuent de fredonner les paroles de Qitar Al Hayat, Al Bouhali, Ya Dak Al Insan, Ya Bent Nass ou encore As-Sinnara.
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