Economie
Des associations dénoncent "une entente" sur les prix de l'huile de table
26/02/2021 - 15:25
Khaoula Benhaddou
La hausse des prix de l’huile de table continue d'enflammer le débat. Après les appels au boycott, c'est au tour de la fédération marocaine des droits des consommateurs de déplorer un augmentation «injuste» et dénonce une «entente sur les prix».
Les appels de boycott de l’huile de table continuent d’inonder la toile. La réponse des opérateurs devait calmer les esprits, mais elle n'a fait que jeter de l’huile sur le feu. Les consommateurs y voient toujours «une augmentation injuste». C'est l'avis de la Fédération Marocaine des Droits des Consommateurs (FMDC) qui considère cette augmentation comme «aberrante», selon le mot de son président Bouazza Kherrati. «C’est une augmentation injuste et aberrante surtout qu’elle intervient à quelques semaines du mois de Ramadan», estime-t-il. «Les entreprises ont décidé d’augmenter le prix sans prévenir et surtout sans prendre en considération le citoyen marocain. Il y en a beaucoup qui souffrent encore des conséquences de la crise sanitaire avec énormément de pertes d’emploi. Le pouvoir d’achat du Marocain ne s'est jamais aussi dégradé de la sorte».
L’huile, un produit libre !
Le président de la FMDC s'insurge aussi contre la manière dont l'augmentation s'est produite. Il soupçonne une entente entre les opérateurs de ce secteur. L’huile, dit-il, est un produit libre. «La liberté des prix est garantie par la loi. Les entreprises peuvent augmenter le prix s’ils le souhaitent, mais il ne faut pas qu'il y ait une entente. Cela fausserait la concurrence», déplore le Bouazza Kherrati. «S’il s'avère qu'il y a une entente, c'est une infraction flagrante à la loi 104.12 sur la liberté des prix et de la concurrence».
La fédération espère l’intervention du conseil de la concurrence «pour enquêter sur la probable entente et un éventuel monopole de certaines sociétés qui contrôlent le marché».
Malheureusement, dit-il, son association, comme tant d'autres, n’ont pas le droit de saisir les instances concernées ou encore le conseil de la concurrence si elles ne sont pas reconnues d’utilité publique. «La chine qui est un pays communiste donne le droit aux associations des consommateurs d’ester en juste sans condition alors qu’au Maroc, on nous prive de ce droit pour garder leur mainmise sur les marchés».
Contacté par la SNRTnews, le président du conseil de la concurrence n'a pas voulu réagir sur le sujet, du moins, dit, pour moment.
Que dit la loi ?
Aux terme de la loi 104.12, l’article 3 stipule que :
«Dans les secteurs ou les zones géographiques où la concurrence par les prix est limitée en raison soit de situations de monopole de droit, soit du soutien accordé par l’administration à certains secteurs ou produits à la production ou à la commercialisation, soit de difficultés durables d’approvisionnement, soit de dispositions législatives ou réglementaires, les prix peuvent être réglementés par l’administration après consultation du conseil de la concurrence. Les modalités de leur réglementation sont déterminées par voie réglementaire».
L’article 4 affirme pour sa part que :
«les dispositions des articles 2 et 3 ci-dessus ne font pas obstacle à ce que des mesures temporaires contre des hausses ou des baisses excessives de prix, motivées par des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé, soient prises par l’administration, après consultation du conseil de la concurrence. La durée d’application de ces mesures ne peut excéder six (6) mois prorogeable une seule fois par l’administration. »
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