Société
Des essaims d’insectes envahissent plusieurs villes marocaines: quelles en sont les causes?
22/05/2026 - 19:46
Widad Benmoumen
Plusieurs villes marocaines ont connu, jeudi, une importante prolifération de moustiques et d’insectes. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux ont montré la présence massive d’insectes dans des villes comme Kelaat Sraghna et Beni Mellal, suscitant l’agacement de nombreux habitants et soulevant des interrogations sur les causes de ce phénomène et son lien avec les changements climatiques.
Dans ce contexte, le président de l’Association Al Manara pour l’écologie, le développement et le climat, Mustapha Benramel, a expliqué que l’apparition inhabituelle d’importantes quantités d’insectes dans plusieurs villes marocaines reste un phénomène naturel principalement lié aux fortes perturbations climatiques enregistrées ces dernières semaines au Maroc.
Dans une déclaration accordée à SNRTnews, l’expert a indiqué que le Royaume est passé, en très peu de temps, d’importantes précipitations pluvieuses et neigeuses à une vague de chaleur marquée, avec des températures oscillant entre 37 et 42 degrés.
Selon lui, ces variations climatiques créent un environnement favorable à la prolifération de plusieurs espèces d’insectes, notamment les moustiques, certaines espèces de petits coléoptères volants, les fourmis ailées ainsi que les insectes liés à l’humidité.
Il explique que les dernières pluies ont provoqué la formation de flaques d’eau et de zones humides propices à la ponte des œufs, tandis que la hausse rapide des températures accélère ensuite le processus d’éclosion et de reproduction.
Mustapha Benrmel précise également que l’augmentation de la chaleur et du taux d’humidité après les précipitations provoque ce qu’il qualifie de “véritable explosion biologique temporaire” des insectes. Ceux-ci deviennent alors particulièrement actifs de manière simultanée, surtout en soirée et durant la nuit, ce qui explique leur présence massive autour de l’éclairage public et à proximité des habitations.
L’expert estime toutefois que la majorité de ces insectes ne représentent pas un danger direct pour la santé humaine, même s’ils peuvent causer une forte nuisance pour les habitants. Certaines espèces peuvent néanmoins provoquer des allergies ou transporter des microbes lorsqu’elles prolifèrent près des déchets ou des eaux stagnantes.
Il appelle ainsi à ne pas dramatiser la situation, soulignant qu’il s’agit généralement d’un phénomène saisonnier et temporaire.
Concernant la durée de cette prolifération, il précise que le cycle de vie de ces insectes, dans de telles conditions climatiques, peut varier de quelques jours à environ deux semaines selon les espèces, le niveau d’humidité et les températures enregistrées.
Parmi les insectes les plus fréquemment observés après les épisodes de pluie suivis de fortes chaleurs, l’expert cite les moustiques, le “hamouch” ou petites mouches, les fourmis ailées, les petits coléoptères volants, certains criquets de petite taille ainsi que plusieurs insectes liés à l’humidité et de petits cafards.
M. Benramel avertit également que ce type de phénomène pourrait devenir plus fréquent à l’avenir en raison des changements climatiques et des déséquilibres environnementaux, notamment avec la multiplication des vagues de chaleur soudaines et l’irrégularité des précipitations.
Selon lui, cette situation impose un renforcement des programmes de propreté urbaine, la lutte contre les eaux stagnantes et une meilleure gestion des déchets afin de limiter la prolifération des insectes dans les villes marocaines.
Au niveau des mesures préventives, l’expert recommande d’éliminer les eaux stagnantes dans les quartiers et les habitations, de nettoyer régulièrement les canalisations et les réseaux d’évacuation, ainsi que d’assurer une bonne gestion des déchets ménagers et la fermeture des bennes à ordures.
Il conseille également l’utilisation modérée des moustiquaires et des moyens de protection domestiques, particulièrement durant la soirée et la nuit, tout en limitant les éclairages puissants inutiles près des fenêtres et des portes, et en veillant à l’aération et au nettoyage des endroits humides et sombres dans les maisons.
Enfin, il souligne que les solutions préventives et environnementales restent plus efficaces et durables que le recours excessif aux pesticides chimiques, qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé et l’environnement lorsqu’ils sont utilisés de manière anarchique. Il appelle ainsi à une coordination entre citoyens, collectivités locales et services sanitaires et environnementaux afin d’intervenir rapidement en cas de prolifération inhabituelle des insectes.
Articles en relations
Société
Société
Société
Monde