Sport
Dopage sportif : comment un athlète peut être protégé?
19/07/2024 - 15:44
Amine Oubaha | Saleh El Goumri
Le dopage est un véritable fléau dans le domaine du sport. De nombreux athlètes ont eu recours à cette pratique illégale, que ce soit par un manque de connaissance en la matière ou par la volonté d’augmenter ses performances, ce qui relève de la tricherie. Que faire pour protéger les sportifs de ce phénomène, qui nuit aussi bien sur leur santé qu’à leur carrière ?
Se doper pour devenir plus fort, avoir le souffle, gonfler ses muscles ou réduire le stress est un acte illégal auquel un sportif peut avoir recours lors d’une compétition. Les cas de dopage sont nombreux mais ne se ressemblent pas. Certains sportifs prennent des compléments alimentaires ou des médicaments, qui peuvent entrainer un dopage "involontaire", alors que d’autres le font volontairement. Une question qui s'impose est de sensibiliser les athlètes et les accompagner pour ne pas tomber dans le piège.
Au Maroc, l’Agence marocaine anti-dopage depuis sa création accompagne les sportifs marocains en les sensibilisant sur les conséquences que peut avoir la consommation des produits contenant des substances dopantes sur leur santé et leur carrière.
Des sportifs se font souvent tester positifs et se voient éliminés et sanctionnés. Alors comment un athlète peut-il se protéger contre le dopage ? Une question qui s’impose actuellement, à quelques jours du démarrage des Jeux Olympiques de Paris 2024.
Chaque athlète rêve de remporter des compétitions olympiques ou gagner des championnats du monde. A cette fin, certains consomment des produits contentant des substances dopantes interdites par l’Agence mondial anti-dopage. Volontairement ou involontairement, cette pratique prend la forme de tricherie.
"L'athlète qui manque de talent, de compétences et de capacités aura recours à des substances. Car l'athlète veut devenir un champion. Ceux qui ont recours à ces substances dopantes manipulent leurs hormones", explique Abdelkader Kada, un ex DTN de la Fédération royale marocaine de l’athlétisme, dans une déclaration accordée à SNRTnews.
Et de poursuivre : "il y a certains manipulateurs dans le domaine sportif qui causent la chute des athlètes en leur vendant de l’illusion. Un athlète qui prétend avoir consommé une substance dopante involontairement est une erreur en soi. Car, les spécialistes qui travaillent au sein de l’Agence mondial anti-dopage (AMA) connaissant très bien les origines de ces substances".
Passeport biologique, qu'est ce que c'est ?
Kada explique aussi que ces spécialistes effectuent des analyses et examinent minutieusement le produit ayant entrainé le dopage de l’athlète, pour s’assurer si ces substances sont interdites ou pas. Ils décèlent aussi les conditions dans laquelle ce sportif a eu recours à ce produit. Pour accéder à toutes ces informations, lesdits spécialistes vérifient le passeport biologique du sportif :"Chaque athlète a un passeport biologique qui contient les détails des globules rouges dans le sang qui transportent l'oxygène vers les autres parties du corps. Si elles sont élevées, une enquête est menée sur ses repas, son régime alimentaire et les endroits où il s'est entraîné", analyse-t-il.
Et d’ajouter : "Par exemple, les globules rouges d'une personne qui s'entraîne dans des régions en haute altitude ne sont pas les mêmes que celles d'un athlète qui s'entraîne dans des régions au niveau de la mer. Si un athlète, par exemple, se trouve dans une ville côtière et a des globules rouges élevés, cela signifie qu'il a consommé des substances interdites. C'est pourquoi il est demandé aux athlètes de confirmer leur emplacement quotidiennement via la technologie GPS".
Comment faire pour ne pas tomber dans le piège ?
Un athlète qui se fait contrôler positif pourrait l'être par manque d’encadrement. Pour ne pas se retrouver au bord du gouffre, un sportif doit absolument disposer de tout une équipe :"Tout athlète doit avoir une équipe médicale attentive à son régime alimentaire de manière précise, d'autant plus que ces athlètes sont, tout au long de l'année, en camps de préparation avec les équipes nationales", assure Brahim Boulami, ancien athlète marocain en 3000m steeple, dans une déclaration accordée à SNRTnews. Et d’ajouter : "Ainsi, leur alimentation est soumise à un régime alimentaire strict établi par des nutritionnistes et le personnel médical".
L’athlète doit aussi connaitre les substances approuvées interdites, par l’AMA et être informé des dernières découvertes faites par les scientifiques, dans ce sens. Les Agences d’anti-dopage locales, les fédérations, les enseignants mais aussi les médecins sportifs portent la responsabilité d’accompagner, éduquer et sensibiliser le sportif :"Concernant la consommation de substances dopantes, il existe un programme international suivi par toutes les fédérations mondiales en application des recommandations de l'Agence mondiale antidopage et des fédérations internationales, indique Boulami.
Et d’ajouter : "il existe une liste de substances interdites, actualisée presque chaque année, à laquelle s'ajoute de temps en temps une autre substance découverte après approfondissement des recherches scientifiques. C'est pourquoi il est nécessaire que les fédérations locales veillent à des programmes et campagnes de sensibilisation pour les athlètes afin d'éviter la consommation de toute substance non alimentaire, sans consulter un médecin".
En ce qui concerne le Maroc, 66 athlètes représentera les couleurs nationales lors des Jeux Olympiques de Paris 2024. L’Agence nationale d’anti-dopage (AMAD) a effectué des contrôles, dont les résultats ont montré que 4 fédérations ne sont pas encore conformes aux règles.
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