Sport
JO Paris 2024 : Hassan Fekkak analyse les chances des sportifs marocains pour SNRTnews
12/07/2024 - 11:25
Amine Oubaha
Le Maroc sera représenté lors des Jeux Olympiques de Paris par 60 athlètes dans 19 disciplines sportives. Dans une interview accordée à SNRTnews, Hassan Fekkak, Directeur technique du Comité national olympique marocain (CNOM) a décortiqué les chances des athlètes marocains lors de ces JO, a parlé de leur préparation et a aussi évoqué la stratégie mise en place par le CNOM pour les accompagner pendant cet événement sportif de grande envergure.
SNRTnews : Comment se prépare les athlètes marocains pour les JO Paris 2024?
Hassan Fekkak : Depuis 2021, la plupart de nos sportifs se préparent, comme il se doit, avec plus ou moins de difficultés et de blessures. La plupart ont effectué des stages ici au Maroc ou ailleurs, sous la supervision de leurs fédérations et de leurs staffs techniques fédéraux. Certains ont participé à des tournois continentaux ou internationaux pour décrocher des points et avoir de l’expérience. Tous ont bénéficié d’un suivi médical et psychologique et d’un accompagnement de la part du CNOM à travers leurs fédérations. Je dirais certains sont au point, d’autres sont au point, mais malheureusement ont connu des blessures et il faut les soigner et d’autres qui pour la première fois participent et qui font de leur mieux avec des angoisses et de stress que peut générer une compétition internationale.
Pouvez-vous dresser une comparaison entre les JO Tokyo 2021 et les JO Paris 2024?
Je rappelle que l’édition de Tokyo 2021 a failli ne pas avoir lieu. Les JO ont été décalés d’une année de 2020 à 2021. Nous avons connu une période très difficile avec la crise du Covid-19. Et le monde entier était pratiquement fermé pendant trois années de suite. Les sportifs n’ont pas pu faire beaucoup de stages et une préparation optimale. Ils n’ont pas pu aussi participer à des tournois internationaux pour avoir plus de points.
Mais pour cette édition de Paris, je vois qu’elle est différente. Je vois qu’il y a eu une meilleure préparation pour les JO de Paris, même en terme d’organisation, je pense que Paris va innover. Par exemple, je remarque qu’en terme d’équité, le nombre de sportifs entre les hommes et les femmes est à égalité.
La cérémonie d’ouverture d’habitude se déroulait dans un stade, mais à Paris cette cérémonie sortira du stade et sera organisée sur la Seine, c’est le fleuve qui traverse toute la ville de Paris. L’organisation parisienne a utilisé les monuments historiques très célèbre en France, comme la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, la Concorde, le Champ de Mars et le Grand Palais, tous ces monuments vont être utilisés comme décor pour les JO.
Le dernier point est celui de la sécurité qui a été renforcée. Et je peux dire fièrement que le Maroc participe à l’encadrement de la sécurité en France.
Selon vous, quels sont les athlètes marocains qui ont plus de chances de gagner une médaille?
Pour être sincère, la compétition sportive n’est pas une science exacte. On ne peut pas prédire, c’est très compliqué. Mais ce que je peux dire est que nous avons des sportifs marocains qui ont le potentiel d’aller chercher des médailles. La preuve c’est que beaucoup de sportifs ont décroché des médailles lors des championnats du monde 2023 et 2024. Soufiane El Bakkali qui a été champion du monde, Khadija El Mardi, championne du monde en boxe, Yasmine El Moutakki, médaillée de bronze, Rami Boukhiam, médaille d’argent au championnat du monde, Mathis Soudi (kayak), médaillé d’argent au championnat du monde. Je pense aussi à Fatimzahtra Gardadi qui a remporté la médaille de bronze dans le championnat du monde du marathon et aussi à Fatimzahra Abou Fares médaillée d’or aux Jeux Olympiques de la Jeunesse.
Donc, je pense que si ces sportifs ont été médaillés lors des championnats du monde, c’est qu’ils ont le potentiel. Nous avons d’autres sportifs qui peuvent créer la surprise. Le plus important c’est que tous les athlètes représentent dignement notre pays et participent avec d’engagement et de courage aux JO. Déjà le fait d’être qualifié aux JO Paris 2024 est en soi une belle performance. Parfois, c’est bien de voir la médaille mais parfois il faut regarder le chemin qui conduit à la médaille.
En tout cas, nous devons tous être derrière nos sportifs qualifiés aux JO, car ils l’ont amplement mérité et croyez-moi la qualification aux JO n’est pas à la portée de tout le monde.
En tant que DTN du CNOM, pouvez-vous nous expliquer l’absence d’un boxeur homme lors des JO?
Effectivement, nous avons trois boxeuses qualifiées: Khadija El Mardi, Widad Bertal et Yasmine Moutakki. Je dois dire que la qualification en boxe est devenue de plus en plus difficile. Et enfin, nous ne devons pas chercher des excuses, sur le plan d’encadrement technique, nous devons améliorer des choses, nous devons monter en puissance nos boxeurs, pour aller chercher des qualifications.
Quelle est la stratégie mise en place par le CNOM pour accompagner les sportifs marocains lors de ces JO Paris 2024?
Le Comité Olympique a pour mission d'assurer la participation et la logistique de la délégation marocaine aux Jeux Olympiques. Mais dès 2018, depuis l'arrivée de Faïçal LARAÏCHI, nous sommes partis plus loin dans le soutien de nos Fédérations.
Pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, en septembre 2021, après les Jeux de Tokyo, nous avons rencontré les Fédérations concernées. Nous avons fait le bilan de ce qui s'était passé à Tokyo et nous avons demandé aux Fédérations comment elles envisageaient de préparer leurs athlètes pour obtenir la qualification pour Paris 2024. Nous avons demandé aux Fédérations de nous soumettre, de nous proposer leurs projets sportifs.
Nous avons tenu plusieurs réunions avec ces instances sportives et nous avons validé leurs projets, avec la liste des athlètes. Et bien sûr dans ce contexte, nous donnons des informations aux Fédérations sur nos athlètes. Car, au Comité olympique, nous avons une cellule de veille qui suit la trajectoire de chaque athlète marocain en termes de palmarès, de préparation, de progression, etc. Et le CNOM finance l'ensemble de ce programme, c'est-à-dire les stages au Maroc ou à l'étranger.
Le Comité finance aussi la participation de ces athlètes sélectionnés par leurs fédérations à des tournois internationaux pour obtenir des points et une qualification. Bien entendu, les Fédérations sont souveraines dans le choix et la sélection des athlètes.
Le Comité Olympique soutient nos athlètes sur le plan médical. Nous leur offrons un soutien médical. Des médecins sont disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour anticiper les blessures, les prévenir, mais aussi les traiter. La même chose pour une équipe de kinésithérapeutes, d'ostéopathes, qui sont disponibles pour nos athlètes. Nous mettons aussi des nutritionnistes à la disposition de nos athlètes, des psychologues du sport ou plutôt des préparateurs mentaux à la disposition de nos athlètes.
D'ailleurs, à ce sujet, nous avons un petit regret car nous avons constaté que à peine 10% de nos athlètes utilisent la préparation mentale ou les services de préparation mentale, malgré toutes les conditions de sécurité, de réassurance et de facilitation des séances et du soutien.
Et bien sûr, nous sommes là pour financer tout ce qui peut améliorer la performance et la préparation de nos athlètes.
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