Economie
Gazoduc Maroc-Nigeria: WorleyParsons s'occupera de la 2e phase des études techniques
28/04/2022 - 13:39
Aïcha Debouza
WorleyParsons, le bureau d’études et de conseil australien en ingénierie, spécialisé notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’industrie, annonce avoir obtenu un contrat pour fournir les principaux services de conception technique initiale (FEED Phase II) pour le projet de gazoduc Nigéria-Maroc (NMGP).
"L’étude d’ingénierie progresse conformément à la planification initiale du projet", indique le bureau d’études qui se chargera de la conduite de la deuxième phase de l’avant-projet technique, dans un communiqué partagé sur son site officiel. L’ambitieux projet de gazoduc devrait relier le Maroc et le Nigeria et couvrira plus de 7.000 km.
Promu par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), ce dernier traversera 11 pays d’Afrique de l’Ouest et s’étendra en Europe. Il sera le plus long pipeline offshore au monde et le deuxième plus long pipeline au total. "La réalisation de ce projet nécessite une expertise du monde entier. L’ensemble des services FEED sera géré par Intecsea BV, notre entreprise de conseil en ingénierie offshore à La Haye, aux Pays-Bas. Cela comprend l’élaboration du cadre de mise en œuvre du projet et la supervision de l’étude technique", précise le communiqué de WorleyParsons.
La filiale de WorleyParsons, Advisian, explorera pour sa part l’accélération de l’électrification et la faisabilité de l’autosuffisance énergétique dans la région. Les bureaux de la société australienne, au Royaume-Uni et en Espagne, définiront le potentiel d’utilisation des ressources énergétiques renouvelables pour alimenter le gazoduc et réduire l’empreinte carbone du projet, indique encore WorleyParsons. "L’équipe de la société australienne, basée à Londres, conduira l’évaluation d’impact environnemental et social du projet de gazoduc Maroc-Nigéria, ainsi que les études d’acquisition de terrains. L’opération sera également soutenue par le réseau de bureaux de WorleyParsons en Afrique et par leur équipe basée en Inde", apprend-on dudit document.
Ainsi, WorleyParsons précise que les études d'ingénierie dans la partie maritime seront réalisées par la filiale de la société aux Pays-Bas, Itecsea BV. Celles liées à l'impact social et environnemental du mégaprojet et à l'acquisition des terrains seront réalisées par le bureau londonien, explique l'entreprise australienne, ajoutant que ses filiales en Afrique et en Inde conseilleront sur l'opération. Quant aux études liées à la partie terrestre du gazoduc, les filiales de WorleyParsons au Royaume-Uni et en Espagne vont définir le potentiel d'utilisation des énergies renouvelables pour alimenter le gazoduc et réduire l'utilisation du charbon. Enfin, le cabinet de conseil de la société, Advisian, explorera l'accélération de l'électrification et la faisabilité de l'autosuffisance énergétique dans la région.
Pour rappel, en 2015, la Commission de la CEDEAO, sur recommandation des chefs d’Etats et de Gouvernement, avait initié une étude de faisabilité pour l’extension du réseau de gazoduc de l’Afrique de l’Ouest. Cette étude s’était avérée nécessaire compte tenue de la demande largement exprimée dans la région pour l’utilisation du gaz naturel pour la production d’électricité mais aussi la nécessité de trouver des solutions durables aux difficultés rencontrées par le gazoduc existant.
Les conclusions de l’étude avaient été adoptées par les ministres sectoriels en charge de l’Energie/Hydrocarbures puis par les instances statutaires de la CEDEAO en décembre 2018 à Abuja. Ce qui a conduit à une réunion des parties prenantes pour le développement de la phase 1 du Projet d’extension du réseau de gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (WAGPEP). Et en 2021, la Banque islamique de développement (BID) avait approuvé le financement d’un projet d’étude de la deuxième phase de l’avant-projet technique du gazoduc Maroc-Nigéria. Une enveloppe budgétaire de plus de 29 millions de dollars y a été consacrée. Le gazoduc "contribuera à stimuler les industries et les économies locales en fournissant une source d'énergie fiable et durable", "soutiendra également le développement industriel et créera des opportunités d'emploi", conclut-on.
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