Economie
Hausse des cours des matières premières agricoles importées : l’impact sur le panier de la ménagère
13/07/2021 - 20:32
Lina Ibriz
Depuis quelques mois, les prix du pétrole et de certaines matières premières agricoles importées connaissent une hausse. L'effet sur certains produits alimentaires est notable, bien que l'inflation demeure toujours maîtrisée. Les détails...
La tendance haussière des cours des matières premières notamment le pétrole, les céréales et certaines graines oléagineuses, devrait-elle impacter le panier de la ménagère ? Selon des analystes, quelles que soient les conditions mondiales, les Marocains resteront en quelque sorte à l’abri d’une flambée des prix de la plupart des produits alimentaires nécessaires. D’ailleurs, le Haut-commissariat au Plan (HCP), dans son rapport sur les prix à la consommation publié en mars dernier, a estimé qu’au cours de l’année 2021, l’inflation devrait continuer d’évoluer à des niveaux relativement contenus. "Toutefois, la tendance haussière des cours du pétrole observée depuis le mois de février de l’année en cours, associée au rebond des cours des matières premières agricoles importées, seraient de nature à accélérer le rythme de croissance de l’inflation au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent", lit-on dans cette note.
Ce que Bank Al-Maghrib a confirmé le 22 juin à l’issue de son Conseil trimestriel qui a noté qu’après des taux de 0,7% en 2020 et de 0,1% au premier trimestre de 2021, l’inflation a atteint 1,7% en moyenne au cours des mois d’avril et mai. "Sous l’effet de la hausse prévue des cours internationaux du pétrole et de certains produits alimentaires, ainsi que de l’amélioration de la demande intérieure, elle devrait poursuivre son accélération tout en restant à des niveaux modérés, ressortant à 1% sur l’ensemble de cette année et à 1,2% en 2022", prévoit Bank Al-Maghrib.
La pression à la hausse des cours des produits alimentaires se poursuit
Dans cette même lignée, le président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs, Bouazza Kherrati, a précisé à SNRTnews, que "l’impact de ces hausses à l’échelle mondiale ne sera, plus ou moins, pas ressenti de manière considérable par le citoyen marocain, car les produits essentiels à l’alimentation des Marocains sont produits au Maroc. Les effets positifs des stratégies agricoles adoptées par le Maroc sont ressentis chaque année". Et à lui d’ajouter, "ces augmentations des prix des matières premières au niveau international seront reflétés sur les prix de deux produits alimentaires principaux, à savoir les huiles de table et les viandes de volailles, et ce en lien avec l’envolée des prix de certaines céréales et graines oléagineuses".
Dans ce sillage, il convient de préciser que par rapport aux huiles de table, le Maroc est dépendant à 98% aux importations des graines oléagineuses, notamment le maïs et le soja. C’est ce qui explique d’ailleurs les hausses des prix appliquées à l’huile de table dans un premier temps en février dernier, et puis en mai où le prix du litre de l’huile a augmenté de 1 DH à 2,5 DH et le prix du bidon de 5 litres de plus de 10 DH. Même pour la volaille, près de 87% de l’alimentation et l’engraissement (maïs, orge et tourteau de soja) est importée de l’étranger.
Cette pression à la hausse des cours des produits alimentaires devraient se poursuivre durant les prochains mois. Bank Al-Maghrib estime cette progression à 20,8% cette année. Déjà en mai, l’indice synthétique des cours des denrées alimentaires s’est renforcé de 6,9%. Ainsi, les prix ont augmenté de 5,8% pour le blé tendre américain (297,3 $/T en moyenne en mai), de 7,3% pour le blé tendre français (292,9 $/T), de 13,8% pour le maïs (305,3 $/T) et de 6,3% pour le sucre brut (407 $/T).
Sécurité alimentaire
Assurant que le pouvoir d’achat des ménages ne devrait pas s’affaiblir, Kherrati souligne, tout de même, que la hausse du prix du pétrole pourrait à son tour entraîner des hausses au niveau des prix de plusieurs produits alimentaires. D’ailleurs, BAM prévoit que le prix du Brent en particulier devrait clôturer 2021 sur une moyenne de 65,1 dollars le baril, en accroissement de 53,9%, et augmenter à 65,8 dollars en 2022.
En fin, Kheratti a souligné l’importance de l’indépendance économique et la nécessité de poursuivre la mise en place de stratégies et de projets qui permettrait au Maroc de garantir la sécurité alimentaire de ses citoyens et une stabilité des prix en dépit de l’évolution des prix au niveau international.
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