Société
HCP: 60% du parc logement urbain a moins de 20 ans
10/12/2025 - 16:02
Matar Bensalmia
Une transformation remarquable du paysage résidentiel marocain se dessine, portée par un renouvellement sans précédent du bâti urbain, révèle une étude basée sur les données du Recensement Général de la Population et de l'Habitat 2024, portant sur le parc de logements en milieu urbain publiée par le Haut Commissariat au Plan (HCP).
Le visage des villes marocaines a profondément changé en deux décennies. Selon la même source, près de 60% des logements urbains du royaume ont été construits après 2004, dessinant les contours d'un Maroc résolument moderne. Dans le détail, sur les 8,34 millions de logements que compte aujourd'hui le parc urbain national, près de 5 millions sont neufs ou récents, témoignant d'un dynamisme de construction remarquable.
En effet, le parc de logements urbains a plus que doublé depuis 2004, progressant de 3,94 millions à 8,34 millions d'unités. Cela représente un rythme soutenu de 215.000 logements supplémentaires par an sur la dernière décennie, même si ce rythme marque un léger ralentissement par rapport à la période 2004-2014.
L'appartement séduit de plus en plus
La physionomie même de l'habitat urbain s'est transformée. Les appartements, qui ne représentaient que 16% du parc en 2004, constituent désormais 31,7% des logements urbains en 2024. Cette progression spectaculaire faisant que leur nombre quadruple en vingt ans, reflète la densification des villes et l'émergence d'une nouvelle culture de l'habitat collectif. Avec un taux d'accroissement annuel moyen de 7,4%, les appartements affichent le dynamisme le plus fort de tous les types de logement.
Pourtant, les maisons marocaines modernes demeurent majoritaires avec 59,2% du parc, confirmant leur statut de colonne vertébrale du logement urbain. Elles ont bénéficié d'un rythme de croissance soutenu de 3,7% par an, traduisant une modernisation qui ne renie pas les formes architecturales locales.

Habitat précaire
pour ce qui est de a résorption de l'habitat insalubre, la proportion des logements précaires (bidonvilles et constructions sommaires) a été divisée par près de quatre en vingt ans, passant de 12,9% en 2004 à seulement 3,4% en 2024. En effectifs absolus, ces logements ne représentent plus que 284.000 unités, contre plus de 500.000 en 2004, malgré la croissance démographique urbaine.
Les maisons marocaines traditionnelles connaissent également un déclin régulier, leur part passant de 6,9% à 2,5% entre 2004 et 2024. Ce recul témoigne de la transformation du tissu urbain ancien et de la modernisation progressive des médinas.
Un parc jeune mais les disparités régionales persistent
L'analyse régionale révèle des contrastes frappants. Les régions sahariennes affichent les parcs les plus récents. Selon le rapport du HCP, 87,7% des logements de Dakhla-Oued Ed-Dahab ont moins de 20 ans, tout comme 75,7% à Laâyoune-Sakia-El Hamra. À l'inverse, Casablanca-Settat, Béni Mellal-Khénifra et Fès-Meknès concentrent les logements les plus anciens, avec respectivement 10,4%, 7,2% et 6,7% de leur parc construit avant 1975. Seuls 6,2% des logements urbains ont 50 ans et plus, tandis que 33,9% ont entre 20 et 50 ans.
Quid des logements vacants?
Paradoxalement, alors que le pays continue de connaître un déficit en logements, le nombre de logements vacants a explosé, passant de 530.000 en 2004 à 1,1 million en 2024. Ces logements inoccupés représentent désormais 13,4% du parc urbain. Ajoutés aux résidences secondaires et saisonnières qui représentent quant à elles 15,5% du parc, ce sont près de 2,4 millions de logements, soit 28,9% du parc urbain, qui ne servent pas de résidence principale.

Concentrés principalement dans les appartements (45,2%) et les maisons marocaines modernes (47,3%), ces logements vacants se situent majoritairement le long de l'axe littoral, à savoir Casablanca-Settat (25,2%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,7%) et Rabat-Salé-Kénitra (12,6%). Un potentiel considérable qui, s'il était mobilisé, pourrait contribuer significativement à résorber le déficit résiduel estimé à 334.000 unités.
Articles en relations
Economie
Economie
Société
Economie