Economie
HCP: l’économie repart en 2024, le pouvoir d’achat aussi
08/12/2025 - 12:55
SNRTnews
L’économie marocaine a connu en 2024 une dynamique notable, portée par une progression marquée de la richesse créée, une amélioration du pouvoir d’achat des ménages et une reprise de l’investissement.
C’est ce que révèle l’arrêté des comptes nationaux des secteurs institutionnels publié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), qui dresse un bilan complet des comptes non financiers et financiers de l’année.
Un PIB en hausse de 7,9%
Le produit intérieur brut (PIB), aux prix courants, s’est établi à 1596,8 milliards de dirhams, en hausse de 7,9% par rapport à 2023. Les sociétés financières et non financières confirment leur rôle moteur dans l’économie: elles ont généré 45,7% de la richesse nationale. Les administrations publiques ont contribué à hauteur de 14,8%, tandis que les ménages et les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) ont participé pour 28,4% du PIB.
Les impôts nets de subventions sur la production et les importations ont, eux aussi, progressé, atteignant 11,1% du PIB, soit une hausse de 1,2 point par rapport à 2023.
Revenu national en progression et rôle central des ménages
Le Revenu national brut disponible (RNBD) a atteint 1709,1 milliards de DH, en hausse de 7,7%. Les ménages et ISBLSM en détiennent la part la plus importante, avec 63,1%, loin devant les administrations publiques (20,3%) et les sociétés (16,6%, dont 2,3% pour les sociétés financières).
Du côté des ménages, le revenu disponible brut (RDB) a progressé de 6,7%, atteignant 1059,7 milliards de DH. La rémunération des salariés représente 45,3% de ce revenu, le revenu mixte 39,4%, et les revenus de la propriété présentent une progression notable (+10,6%).
Les impôts et cotisations sociales pèsent toutefois négativement sur le revenu (-17,6%). La dépense de consommation finale absorbe 89,2% du RDB, portant le taux d’épargne des ménages à 11,3%.
Grâce à une inflation limitée à 0,9%, le pouvoir d’achat a enregistré une amélioration significative: +5,1 points, contre seulement 1,8 point en 2023. Par habitant, le revenu disponible a atteint 28 808 DH, en hausse de 6%.
Investissement: forte reprise portée par les entreprises
L’épargne nationale a progressé de 11,6% pour atteindre 461,7 milliards de DH. Les sociétés y contribuent à 60,3%, les ménages et ISBLSM à 26,8%, et les administrations publiques à 12,9%.
La formation brute du capital fixe (FBCF) connaît une nette accélération : +13,9%, atteignant 422,5 milliards de DH.
Les sociétés se distinguent par une forte reprise de leurs investissements (+19,9%), portant leur contribution à 59,2% de la FBCF nationale.
Les ménages et ISBLSM y participent pour 26,1%, et les administrations publiques pour 14,7%.
Un besoin de financement en légère détérioration
Au niveau national, le besoin de financement s’est établi à 18,5 milliards de DH, soit 1,2% du PIB, contre 0,9% en 2023.
Cette évolution est principalement due au basculement des sociétés non financières, passées d’une capacité de financement à un besoin de 8,2 milliards de DH. Les sociétés financières voient également leur besoin se creuser (-9,1 milliards DH).
À l’inverse, les administrations publiques enregistrent un allègement important de leur besoin de financement (-24,4 milliards DH en 2024 contre -36,6 milliards en 2023), tandis que les ménages voient leur capacité de financement progresser fortement.
Endettement: hausse des émissions intérieures du Trésor
Pour couvrir leurs besoins, les administrations publiques ont eu davantage recours à l’endettement intérieur : les émissions du Trésor affichent un flux net de 48,8 milliards de DH, contre 40 milliards en 2023.
L’endettement extérieur recule cependant, avec un flux net de 19 milliards, loin des 34,9 milliards enregistrés l’année précédente.
Les sociétés non financières voient leurs crédits bancaires ralentir, tandis que les ménages enregistrent une légère hausse du recours au crédit et une forte augmentation des dépôts (+86,8 milliards DH). Les sociétés financières, elles, affichent une baisse des crédits accordés mais une nette progression des dépôts reçus.
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