Economie
HCP: L’économie marocaine confirme sa relance et clôt 2025 sur une croissance estimée à 4,7%
14/10/2025 - 09:28
SNRTnews
Après plus d’un an et demi de reprise soutenue, l’économie marocaine consolide sa phase d’expansion amorcée à la fin de 2023. Selon la Note de conjoncture n°47 du Haut-Commissariat au Plan (HCP), la croissance nationale devrait s’établir à 4,3 % au troisième trimestre 2025 et 4,7 % au quatrième trimestre, portée par la vigueur de la demande intérieure et la bonne tenue des secteurs secondaire et tertiaire.
Depuis six trimestres consécutifs, l’économie nationale évolue dans un cycle d’expansion marqué par une croissance moyenne de 4,8 % par trimestre pour les activités hors agriculture. Après le pic observé au deuxième trimestre (+5,5 %), la dynamique se stabilise sur des niveaux élevés, traduisant un rééquilibrage plus qu’un essoufflement.
Les branches industrielles, extractives, de la construction et de l’hébergement ont contribué à près de 40 % de la croissance globale, signalant un élargissement de la reprise à l’ensemble du tissu productif.
Le HCP attribue cette performance à une demande intérieure robuste (+9,2 %) et à une reprise marquée des exportations (+8,5 %), en dépit d’un environnement commercial mondial plus incertain. La consommation des ménages s’est raffermie (+5,1 %), stimulée par la progression du revenu disponible, tandis que l’investissement poursuit sa tendance ascendante, renforcé par la baisse du coût du financement et des prix à l’import des biens d’équipement.
Des déséquilibres extérieurs maîtrisés et un environnement monétaire favorable
La vigueur de la demande intérieure s’est traduite par une hausse de 15,7 % des importations de biens et services au deuxième trimestre. Toutefois, l’amélioration des termes de l’échange et l’appréciation du dirham ont limité la dégradation du solde commercial.
La Banque centrale a, pour sa part, maintenu une politique monétaire accommodante : le taux directeur est resté fixé à 2,25 %, contribuant à la détente des taux créditeurs et au maintien d’un accès fluide au financement.
La croissance du crédit à l’économie (+6,5 % au troisième trimestre) s’est légèrement ralentie, en lien avec la réduction des crédits de trésorerie, mais le financement de l’investissement demeure soutenu. Les avoirs officiels de réserve ont progressé de 12,6 %, confortant la position extérieure du pays.
Sur le marché boursier, la tendance haussière amorcée en début d’année s’est poursuivie. L’indice MASI a progressé de 32,4 % en glissement annuel, porté par les secteurs industriels, miniers et de l’ingénierie, dans un contexte de confiance accrue des investisseurs et de normalisation des tensions inflationnistes.
Une inflation contenue, reflet d’une stabilisation des prix mondiaux
Le rapport souligne la décélération continue de l’inflation. Le taux de progression des prix à la consommation s’est limité à 0,4 % au troisième trimestre, après 2 % en début d’année. Les produits non alimentaires n’ont augmenté que de 0,3 %, tandis que les prix alimentaires, hors produits frais, ont reculé sous l’effet de la stabilisation des cours internationaux des céréales, huiles et légumineuses.
L’inflation sous-jacente – hors énergie et produits à prix volatils – s’est établie à 0,8 %, niveau jugé compatible avec la cible implicite de stabilité des prix.
Une croissance tirée par la demande interne et la construction
La demande intérieure reste le moteur central de l’expansion. Elle aurait contribué à près de huit points de croissance au troisième trimestre, grâce à la progression de la consommation des ménages (+4,1 %) et de l’investissement (+14,2 %), porté par les grands chantiers d’infrastructure et la reprise du bâtiment.
Le secteur de la construction, dont la valeur ajoutée s’est accélérée, confirme son rôle d’entraînement sur l’économie nationale. Les services, notamment le commerce et l’hébergement, maintiennent également un rythme soutenu (+4,3 %).
Perspectives : consolidation en fin d’année et risques modérés à la baisse
Pour le quatrième trimestre 2025, le HCP anticipe une accélération de la croissance à 4,7 %, portée par la poursuite de la revalorisation salariale et par une amélioration progressive de la demande étrangère, en lien avec la détente attendue des taux d’intérêt en Europe.
L’investissement poursuivrait sa hausse (+12,6 %), soutenu par les dépenses d’équipement des entreprises et les projets publics.
Cependant, l’institution relève des aléas orientés à la baisse: la faiblesse persistante de la demande extérieure, un éventuel ajustement plus lent des politiques monétaires dans les économies avancées ou un déstockage industriel prématuré pourraient tempérer la dynamique exportatrice.
À l’inverse, des facteurs de soutien demeurent identifiés, notamment la perspective d’un surcroît d’activité dans les industries chimiques, électriques et d’équipement, stimulé par l’entrée en vigueur, dès février 2026, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF).
La conjoncture marocaine au second semestre 2025 illustre une phase de croissance équilibrée : expansion robuste, inflation maîtrisée et stabilité financière consolidée.
L’économie nationale semble avoir définitivement comblé le déficit d’activité post-pandémique et dispose, à moyen terme, d’un potentiel de croissance soutenable, conditionné toutefois par l’évolution de la conjoncture mondiale et la capacité à maintenir l’investissement sur un rythme élevé.
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