Economie
HCP: L’économie marocaine avance… mais à contrepoids
17/04/2025 - 11:05
Matar Bensalmia
En dépit d’une conjoncture mondiale incertaine, l’économie nationale semble vouloir garder le cap. C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP), qui dresse un portrait nuancé de la situation économique marocaine à la fin de 2024 et trace des perspectives modérées pour la première moitié de 2025.
Au quatrième trimestre 2024, le Maroc a enregistré une croissance de 3,6%, portée avant tout par une demande intérieure vigoureuse. Cette performance, bien que moins élevée que celle du trimestre précédent (+4,2%), reste au-dessus de la moyenne du premier semestre de l’année. Ce sursaut trouve sa source dans une consommation des ménages dynamique, encouragée par la hausse des revenus et des conditions d’emprunt plus favorables. Ce seul levier a contribué à hauteur de 2,6 points à la croissance globale.
Mais la consommation ne fait pas tout. L’investissement, notamment via le restockage des entreprises, a aussi joué un rôle crucial. Sa contribution à la croissance a bondi à 5,4 points, contre 3,7 points au trimestre précédent. Une dynamique qui illustre la reprise de confiance des acteurs économiques, même si les dépenses d’équipement restent modérées.
En revanche, ce tableau relativement encourageant est entaché par le commerce extérieur, dont la contribution reste négative (-5,2 points). Certes, les exportations ont connu un regain, notamment dans les industries chimiques, électroniques et électriques, avec une hausse en volume de 9,2%. Toutefois, les importations ont littéralement explosé (+15,6%), creusant davantage le déséquilibre commercial et faisant reculer le taux de couverture des importations par les exportations.
Cette pression externe a mis à mal les équilibres macroéconomiques, mais sans les faire vaciller. Et, le besoin de financement, bien qu’encore présent, s’est légèrement atténué, passant à 3,2% du PIB trimestriel, grâce notamment à une amélioration des transferts nets et des recettes publiques.
Pour le premier trimestre 2025, le HCP prévoit un regain d’activité, avec une croissance estimée à 4,2%, soutenue cette fois par un redressement de 3,1% des activités agricoles. Ce retour du secteur primaire, combiné à une valeur ajoutée hors agriculture également en hausse (+4,2%), donne un nouvel élan à l’économie.
Les services marchands, les industries extractives et le secteur de la construction se distinguent comme les moteurs de cette dynamique, avec des croissances respectives de 13,2%, 6,7% et 6,4%. Toutefois, l’industrie manufacturière peine à suivre, pénalisée par sa dépendance au commerce international.
La consommation des ménages continue de jouer un rôle moteur. Boostée par des mesures socio-fiscales, dont des revalorisations salariales et des allègements de l’impôt sur le revenu, celle-ci a progressé de 4,5%, malgré un retour de l’inflation (2,2% contre 0,7% au trimestre précédent). Cette inflation est principalement due à la hausse des prix des produits alimentaires de base, des viandes, poissons et légumes frais, ainsi qu'à quelques hausses tarifaires, comme sur le tabac.
Une tendance positive en vue
À plus long terme, la tendance devrait rester modérément positive. Le HCP prévoit une croissance de 3,8% au deuxième trimestre 2025, toujours tirée par la demande intérieure, tandis que le commerce extérieur devrait peser un peu moins lourdement qu’à la fin de 2024, sans toutefois devenir un moteur de croissance.
Articles en relations
Société
Economie
Economie
Economie