Société
Journée mondiale de la propriété intellectuelle: L'IA entre défis et opportunités
25/04/2025 - 10:35
MAP
Le Maroc célèbre, à l’instar des autres pays du monde, la Journée mondiale de la propriété intellectuelle le 26 avril, une occasion privilégiée pour souligner l’importance de la créativité et de l’innovation dans le développement économique et social.
Dans un contexte marqué par l’essor fulgurant des technologies d’intelligence artificielle, la protection des droits des créateurs prend une dimension encore plus cruciale. Si les avancées technologiques favorisent l’émergence d’œuvres et d’idées nouvelles, elles posent également des défis complexes, notamment en matière de lutte contre le plagiat et la contrefaçon.
L’intelligence artificielle, avec ses capacités exceptionnelles de génération de contenu, est souvent utilisée à des fins remettant en question les principes d’originalité et d’intégrité intellectuelle. Par exemple, des œuvres musicales ou littéraires protégées par des droits d’auteur peuvent être reproduites, modifiées ou intégrées dans des créations dérivées, menaçant les droits matériels et moraux des créateurs.
La musique, en tant qu’industrie à part entière, illustre parfaitement ces enjeux. Les technologies modernes permettent désormais de reproduire intégralement des œuvres musicales, qu’il s’agisse de mélodies, d’arrangements ou de productions finales. C’est dans ce contexte que l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a choisi le thème " La propriété intellectuelle et la musiqueé" pour célébrer cette journée mondiale en 2025.
Selon la directrice du Bureau marocain du droit d’auteur (BMDA), Dalal Mhamdi Alaoui, les avancées rapides des technologies d’intelligence artificielle complexifient la définition des droits d’auteur pour les œuvres créées avec ces outils, qu’il s’agisse de textes, de musiques ou d’autres productions.
Elle souligne que le BMDA est confronté à plusieurs défis, notamment la prolifération des plateformes de piratage numérique et la difficulté de surveiller l’exploitation des œuvres protégées sur Internet. "Il est crucial de sensibiliser les artistes et le public à la valeur des droits d’auteur. Certains créateurs ignorent parfois les démarches nécessaires pour protéger leurs œuvres. Nous avons un rôle pédagogique important à jouer à travers des campagnes régulières de sensibilisation", précise Mme Mhamdi Alaoui.
De son côté, Amine Tazi, professionnel de la production audiovisuelle, met en lumière les efforts déployés pour informer les créateurs sur les moyens de protéger leurs œuvres. "Nous organisons fréquemment des séminaires et offrons des conseils juridiques pour aider les artistes à mieux comprendre leurs droits et obligations", a-t-il précisé.
Il rappelle que le cadre juridique marocain, adossé à des conventions internationales comme la Convention de Berne et l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC), offre des garanties solides pour protéger les créations des auteurs et compositeurs marocains, même au-delà des frontières.
Sur le plan international, le Maroc s’impose comme un modèle en matière de protection de la propriété intellectuelle. Selon le dernier rapport de l’International intellectual Property Index 2025, publié par le Global Innovation Policy Center de la Chambre de commerce des États-Unis, le Royaume occupe la 22e place mondiale sur 55 économies évaluées, avec un score global de 59,21 %.
Ce classement place le Maroc en tête des pays africains et arabes, surpassant largement la moyenne régionale de 41,82 % pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette position témoigne des avancées significatives du pays dans l’élaboration de lois et de cadres réglementaires adaptés aux enjeux contemporains.
Les performances du Maroc en matière de propriété intellectuelle, portées par une volonté affirmée de promouvoir l’innovation et de protéger les droits des créateurs, offrent un cadre prometteur pour relever les défis posés par l’intelligence artificielle. En exploitant ses atouts, notamment pour dynamiser les secteurs créatifs, le Royaume continue à se positionner comme un acteur de premier plan sur la scène mondiale.
Par Aicha El Abbadi et Maha Rachid
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