Economie
La Banque mondiale: la création d’emploi demeure un challenge central au Maroc
26/03/2025 - 15:07
Mustapha Azougah
La Banque mondiale prévoit une croissance de l’économie marocaine de 3,6% en 2025, contre 3,2% l’année dernière, tout en soulignant que la création d’emplois reste un défi majeur.
À l’occasion de la présentation d’un rapport sur la situation économique du Maroc et les moyens d’améliorer le climat des affaires, et lors d’une rencontre avec la presse à Rabat ce mercredi 26 mars, les responsables de la Banque mondiale ont expliqué que la croissance attendue pour cette année reste dans la tendance observée ces dernières années. Toutefois, elle demeure éloignée du changement radical espéré en termes de développement économique.
Ils ont souligné que les chocs récents, issus de la crise sanitaire, ont eu un impact significatif sur le Maroc, et que les réformes actuelles n’ont pas permis de stimuler rapidement la croissance économique. En raison de la hausse du taux de chômage, qui a atteint 13,3% l’année dernière, ils ont relevé les inégalités notables dans l’évolution de l’emploi entre les zones rurales et urbaines, pointant des tendances préoccupantes pour l’avenir du marché du travail.
La Banque mondiale a précisé que “bien que le marché du travail en zone urbaine ait montré des signes d’amélioration, avec la création de près de 162.000 nouveaux emplois en 2024, la création d’emplois reste un défi majeur”.
Elle a ajouté qu’au cours de la dernière décennie, la population active a progressé de plus de 10%, tandis que les possibilités d’emploi n’ont augmenté que de 1,5%. Cette disparité résulte des effets prolongés des chocs post-pandémie, des impacts différés des réformes récentes et du faible taux de participation des femmes sur le marché du travail.
Elle a également mentionné qu’il existe “des défis sociaux et économiques importants. Le récent choc inflationniste a diminué le pouvoir d’achat des ménages, entraînant une baisse des indices de confiance.“
Il convient de noter que la Banque mondiale avait estimé, dans un rapport publié en janvier dernier, que le PIB mondial croîtrait de 3,9% cette année, avant de revoir cette prévision à la baisse, la portant à 3,6% dans le rapport présenté ce mercredi à Rabat.
D’après la Banque mondiale, la croissance économique prévue pour cette année sera soutenue par une augmentation de 4,5% de la production agricole, après une baisse de 4,6% l’année précédente. En revanche, il est notable que la croissance de la production non agricole devrait ralentir, atteignant 3,5% cette année, contre 3,9% l’an dernier.
L’institution financière internationale prévoit que l’inflation se stabilisera à 2,4%, contre 0,9% en 2024.
Elle confirme une amélioration des finances publiques, anticipant une réduction du déficit budgétaire, passant de 3,9% en 2024 à 3,7% en 2025. Cette évolution devrait également entraîner une diminution de la dette publique, qui passerait de 69,1% à 68,2%.
La Banque mondiale note que “la position extérieure du Maroc demeure stable, avec un déficit modéré du compte courant, financé par l’augmentation des flux d’investissements directs étrangers, soutenus par la confiance des investisseurs.”
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