Société
La campagne nationale de valorisation des efforts des professionnels de santé : les réactions !
30/06/2021 - 21:00
Khaoula Benhaddou
Le ministère de la Santé lance du 30 juin au 31 juillet la campagne nationale de valorisation des efforts des professionnels de santé. L'objectif ? Rendre hommage aux professionnels de santé pour leur engagement surtout durant la période de pandémie.
Honorer le travail héroïque des professionnels de la santé est le but de la campagne nationale lancée par le ministère de la Santé. Cette campagne qui aura lieu du 30 juin au 31 juillet sera diffusée à la télévision et à la radio ainsi que sur les réseaux sociaux. "Cette campagne est une occasion pour le ministère de la Santé d'exprimer toute la reconnaissance pour les efforts et les sacrifices considérables fournis par les professionnels de santé, toutes catégories confondues, malgré les difficultés et les contraintes que connaît le système de santé, dans le but d'améliorer et d'optimiser les services de santé offerts aux citoyennes et citoyens et d'assurer leur continuité", lit-on dans le communiqué du ministère de la Santé.
"Cette campagne nationale vient également honorer le travail respectable et héroïque de ces professionnels de premières lignes pour lutter contre la pandémie du coronavirus, ainsi que leur implication et leur sens de responsabilité pour la réussite de la campagne nationale de la vaccination. Cet esprit de sacrifice et d’engagement envers les valeurs de citoyenneté dans des circonstances difficiles et exceptionnelles, malgré la peur, l'anxiété et le risque d'infection, mérite tous sentiments de gratitude et de fierté", lit-on encore dans le communiqué.
Les réactions des professionnels
Cette campagne n’est pas passée inaperçue. Contacté par SNRTnews plusieurs médecins ont exprimé leur gratitude à la tutelle pour ce geste qui intervient après des mois de dur labeur.

D’autres professionnels ont profité de l’occasion pour rappeler leurs dossiers revendicatifs comme est le cas du Dr Abdelghafour El Othmani, Secrétaire provincial du Syndicat national de la santé de Tanger affilié à la CDT. "Il est vrai que le ministère de la Santé a lancé cette campagne pour valoriser le capital humain, mais il y a plusieurs façons de le faire. Les professionnels du secteur n’ont pas besoin uniquement d’une campagne pour leur rendre hommage. Ils ont besoin de salaire digne, de conditions de travail motivantes. Ils ont besoin de congés et d’allégement d’heures de travail surtout après plusieurs mois de pandémie. Ils ont également besoin d’une prime de risque convenable. C’est uniquement comme ça qu’on va encourager ces professionnels de la santé", martèle le représentant des médecins. Il rappelle que cette campagne a été annoncée au lendemain de l’adoption du projet de loi relatif à l'exercice de la médecine, un texte qui, selon lui, "menace toute la profession".
Même son de cloche chez Fatimazahra Belline, porte-parole du Mouvement des infirmiers et techniciens de santé qui rappelle que les infirmiers ont été dans les premières lignes tout au long de la crise Covid-19. "C’est une campagne qui nous fait chaud au cœur. Encore faut-il qu’elle soit vraiment tangible. En tant que professionnels de la santé, nous encourageons ce genre d’initiatives même si elles ont mis du temps à venir", tonne la représentante des infirmiers.
Et d’ajouter : "Les professionnels de la santé sont essoufflés par la crise sanitaire et par la campagne de vaccination. Ils ont été privés de leur congé et ont un rythme de travail infernal. Au lieu de lancer une campagne, la tutelle devrait remédier aux conditions difficiles que nous avons vécues. Nous avons beaucoup de revendications chacun de sa part, les dossiers revendicatifs qui sont vraiment urgents et qui n’ont pas été pris en considération", s’indigne la responsable. Elle rappelle que la prime de risque n’a pas été équitable : "la prime covid était lamentable et injuste. Certains médecins qui n’ont même pas travaillé dans des unités covid ont perçu une prime supérieure à celle des infirmiers qui ont travaillé dans la première ligne. Le ministre doit remédier à cette discrimination et c’est uniquement comme ça qu’ils vont nous valoriser".
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