Sport
L’arbitrage marocain mise sur la technologie et l’intelligence artificielle pour réduire les erreurs
07/05/2026 - 19:35
Reda Zarrouk | Hamza BAMMOU
La Direction technique nationale de l’arbitrage a organisé, ce jeudi 7 mai, une rencontre de communication au Complexe Mohammed VI de football à Maâmorua, afin de mettre en lumière les nouveautés liées au développement du système d’arbitrage national, notamment les technologies modernes utilisées dans la prise de décision, en particulier la technologie de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR).
Lors de cette rencontre, présidée par l’ancien arbitre international et directeur de la Direction technique de l’arbitrage, Redouane Jiyed, des explications pratiques ainsi que des simulations ont été présentées concernant l’utilisation de la VAR, les mécanismes d’intervention dans différentes situations arbitrales et leur contribution à l’amélioration de la précision des décisions.
L’ouverture à la technologie pour réduire la marge d’erreur
Cette rencontre ne s’est pas limitée à une simple présentation technique ou à un bilan de l’arbitrage national, mais visait surtout à expliquer le fonctionnement interne du système d’arbitrage marocain actuel.
Des explications détaillées ont été fournies sur l’utilisation de la VAR et les modalités de son intervention dans les différentes situations de jeu. Des simulations en direct de certaines actions controversées ont également été organisées afin de rapprocher le public du processus de prise de décision entre l’arbitre central et la salle vidéo.
Le principal message transmis par la Direction était que l’arbitrage marocain ne fonctionne plus uniquement sur l’appréciation humaine directe, mais s’appuie désormais sur des outils numériques et des plateformes d’analyse avancées destinées à réduire au maximum les erreurs.
Parmi les principaux dispositifs présentés figure la plateforme numérique "RefPal", spécialisée dans l’évaluation scientifique et précise des performances des arbitres.
Cette plateforme ne se contente pas d’enregistrer des données, elle attribue également des notes aux arbitres après chaque journée de championnat, selon plusieurs critères liés à la qualité des décisions, à la condition physique, à la gestion des matchs et à la précision des interventions arbitrales.
Selon les données présentées par Redouane Jiyed, l’utilisation de cette plateforme a permis de réduire de manière significative les erreurs arbitrales par rapport à la saison précédente, notamment dans les situations liées aux cartons rouges, aux penalties et aux hors-jeu.
Il a souligné que la technologie n’est pas uniquement un outil de contrôle, mais également un moyen de constituer une base de données détaillée sur chaque arbitre, permettant une évaluation continue de son niveau et de son évolution.
Des désignations moins dépendantes du facteur humain
L’un des points les plus marquants de cette rencontre concernait le système de désignation des arbitres, devenu semi-automatisé.
La plateforme électronique propose désormais les arbitres les plus adaptés à chaque match, selon plusieurs critères, notamment la nature de la rencontre, l’état physique et mental des arbitres, leurs expériences précédentes ainsi que les spécificités de la compétition.
Ce système concerne aussi bien les compétitions masculines que féminines, en football, futsal et beach soccer. La plateforme suggère les profils les plus qualifiés avant validation ou révision finale par la Direction technique.
Cette évolution traduit une volonté claire d’éloigner les désignations de toute dimension subjective ou personnelle, pour les baser davantage sur des données numériques et des indicateurs objectifs.
La VAR marocaine entre controverse et développement
La technologie VAR a occupé une place centrale dans les discussions, notamment en raison des polémiques récurrentes qui accompagnent certaines décisions arbitrales dans le championnat professionnel.
Dans ce cadre, l’ancien arbitre français et responsable de la VAR au sein de la Direction nationale de l’arbitrage, Fredy Fautrel, a expliqué que le Maroc figure parmi les premiers pays africains à avoir adopté cette technologie. Il a ajouté que le niveau d’utilisation progresse progressivement malgré certaines contraintes liées aux infrastructures de certains stades.
Il a rappelé que la VAR ne remplace pas l’arbitre, mais vient uniquement l’assister. La décision initiale reste celle prise sur le terrain, tandis que la salle vidéo intervient uniquement dans les cas liés aux buts, penalties, cartons rouges ou erreurs d’identité des joueurs.
Le responsable français a également révélé plusieurs détails techniques concernant la gestion des hors-jeu. Certaines situations nécessitent un léger retard dans le signalement afin de permettre à la VAR d’analyser correctement l’action, évitant ainsi d’interrompre une occasion dangereuse de manière injustifiée. Les cas évidents, en revanche, sont traités rapidement afin d’éviter d’autres complications comme les blessures inutiles.
Parmi les innovations techniques ayant particulièrement attiré l’attention figure l’adoption de la technologie du hors-jeu semi-automatique (SAOT), capable de fonctionner à cent images par seconde et de fournir 25 images pour chaque action durant une seconde.
Ce niveau de précision permet de déterminer la position des joueurs avec davantage de clarté grâce à trois technologies complémentaires : la ligne en deux dimensions, la projection au sol et le système de triangulation qui coordonne l’ensemble des caméras pour identifier le moment exact de l’action.
La rencontre s’est conclue par des simulations en direct de situations arbitrales controversées, notamment une action liée à un match entre l’AS FAR et le Raja de Casablanca, qui a nécessité plus de trois minutes de révision devant les participants réunis dans la salle de conférences du Complexe Mohammed VI.
Ces simulations ont permis de présenter concrètement le fonctionnement de la salle VAR, équipée de plusieurs écrans affichant différentes images: caméras zoom, caméras dédiées au hors-jeu, retransmission en direct ainsi qu’un système de diffusion avec trois secondes de décalage afin d’analyser chaque détail des actions.
Ces démonstrations ont montré que la décision arbitrale moderne n’est plus un acte individuel isolé, mais le résultat d’un processus technique complexe mêlant rapidité, précision et coordination entre plusieurs intervenants.
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