Société
Le Parquet général dévoile le bilan de la gestion des actes de violence et de vandalisme ayant accompagné les manifestation
28/10/2025 - 19:22
Youness Oubaali | Ayoub MouhyiddineLa Présidence du ministère public a démenti toutes les rumeurs faisant état de "confessions sous la contrainte" dans les dossiers liés aux actes de violence et de vandalisme survenus lors des manifestations non autorisées qui ont eu lieu dans plusieurs villes marocaines à la fin du mois de septembre dernier.
S’exprimant ce mardi 28 octobre 2025, lors d’une rencontre avec les médias, le magistrat Hassan Farhane, représentant de la Présidence du ministère public, a affirmé que toutes les étapes d’enquête et de jugement se sont déroulées dans le strict respect de la loi et des procédures judiciaires, précisant que les verdicts ont été rendus dans des délais raisonnables, sans précipitation, tout en respectant la situation juridique des prévenus.
Il a également expliqué que les dossiers encore en cours devant les tribunaux concernent principalement les délais supplémentaires demandés par la défense pour la préparation des plaidoiries, tandis que certaines affaires restent à l’instruction pour compléter les procédures.
Le responsable a souligné que le traitement de ces événements a reflété un équilibre entre l’application de la loi et la garantie des droits des personnes poursuivies, ajoutant que la justice marocaine a agi avec responsabilité et équité, l’objectif essentiel étant de préserver l’ordre public et de protéger les citoyens et leurs biens dans le cadre de l’État de droit.
Arrestations et libérations
Les données officielles font état de l’arrestation d’un grand nombre de personnes, dont environ 3.300 ont été relâchées après vérification de leur identité et confirmation de leur non-implication dans des actes criminels.
Ces arrestations ont également concerné des mineurs, remis à leurs parents conformément aux lois encadrant la justice des mineurs.
En revanche, 2.480 personnes ont été déférées devant les parquets de différentes juridictions du Royaume (Rabat, Casablanca, Tanger, Agadir, Oujda, etc.), après avoir été reconnues coupables d’actes portant gravement atteinte à la sécurité publique, à l’ordre public, ainsi qu’à la sécurité des personnes et des biens.
Selon M. Farhane, les enquêtes ont révélé l’implication de plusieurs individus dans des actes criminels graves, notamment des incendies volontaires de biens publics et privés, des coupures de routes, des destructions et des agressions contre les forces de l’ordre, causant d’importants dégâts matériels et plusieurs blessures.
Des images et vidéos illustrant la gravité de ces actes ont été présentées, le responsable soulignant que les interventions des forces publiques ont été menées conformément à la loi et dans le cadre de leurs prérogatives légales pour protéger les vies et les biens.
Poursuites judiciaires et sanctions prononcées
À l’issue des enquêtes, les parquets ont décidé de poursuivre 2.480 prévenus, dont 959 en liberté provisoire et 1.473 en détention préventive, tandis que la procédure a été classée sans suite pour 48 suspects.
Le magistrat a affirmé que toutes les décisions de poursuite ont été prises après un examen approfondi des éléments de preuve, dans le respect total de la présomption d’innocence et des garanties d’un procès équitable - y compris le droit à l’information, à la défense et à la communication avec leurs avocats et leurs familles.
Des peines allant de 1 à 15 ans de prison
Les peines prononcées dans les affaires criminelles ont varié entre un et quinze ans d’emprisonnement, bien que certaines infractions soient passibles de 20 ans de prison, les tribunaux ayant tenu compte des circonstances sociales et de l’absence d’antécédents judiciaires des prévenus, appliquant ainsi des circonstances atténuantes.
Les statistiques du ministère public indiquent que 30 jugements ont été rendus par les tribunaux de première instance, soit 11,4% du total, tandis que 4 acquittements ont été prononcés par les cours d’appel, représentant 9,7% des décisions.
En ce qui concerne les mineurs impliqués, 83% des jugements ont abouti à leur remise à leurs parents, conformément à l’intérêt supérieur de l’enfant.
Articles en relations
Société
Société
Société
Société