Société
Le président de la Comader souligne les avantages de l'AMO
20/04/2021 - 12:40
Morad Karakhi | Meryem Ait Ouaanna
Mohamed Ammouri, président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (Comader) revient dans cette interview sur les enjeux de la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) de base ainsi que sur les mesures qui seront mises en place pour réussir ce projet visant près de 1,6 million d’agriculteurs.
Une avancée historique pour le Maroc en matière de protection sociale. Une convention-cadre relative à la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) de base aux agriculteurs a été signée mercredi 14 avril devant SM le Roi Mohammed VI. Cette convention instaure un cadre qui fixe les obligations des parties en ce qui concerne la généralisation de l’AMO de base au profit des agriculteurs et de leurs familles.
Mohamed Ammouri, président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (Comader) figure parmi les signataires de cette convention cadre. Dans une interview accordée à SNRTnews, le président de la Comader revient sur les enjeux de la généralisation de l’AMO de base ainsi que sur les mesures qui seront mises en place pour réussir ce projet visant près de 1,6 million d’agriculteurs et leurs familles.
SNRTnews : Quelle est votre analyse de la situation des agriculteurs en ce qui concerne l’AMO ?
Mohamed Ammouri : La situation actuelle peut se résumer au fait que les professionnels du secteur agricole et leurs familles ne bénéficient d’aucune assurance maladie. En revanche, cette catégorie est la plus ciblée par cette nouvelle convention signée devant Sa Majesté au Palais Royal de Fès. Cet accord vise à intégrer les agriculteurs et leurs familles au régime de l’AMO, dans un délai fixé entre 2021 et 2022.
Comment allez-vous contribuer à la mise en œuvre de ce projet ?
Ce chantier sera mis en place par le biais de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural, qui regroupe les fédérations interprofessionnelles et les chaînes agricoles situées dans les 12 régions du Royaume. Chacune de ces régions comprend 3 à 4 chaînes agricoles représentant les fédérations interprofessionnelles placées sous la tutelle du ministère de l’Agriculture. Ces dernières sont composées d’associations professionnelles avec des membres et des participants. Ces associations s’intéressent à la production agricole, végétarienne ou animale, en plus de l’évaluation et de la commercialisation.
Pratiquement, comment allez-vous encourager les agriculteurs à adhérer à l’AMO ?
La Comader va veiller à la préparation d’un programme stratégique, au niveau régional, afin d’encourager les agriculteurs, toutes tranches d'âge confondues, à adhérer à l’AMO, à travers des campagnes de sensibilisation, des réunions avec les Chambres régionales d’agriculture ainsi que des rencontres directes avec les agriculteurs. Ces personnes vont bénéficier d’une communication continue leur permettant d’avoir tous les renseignements nécessaires pour pouvoir profiter des avantages de cette assurance, notamment en ce qui concerne l’accès aux soins et traitements.
Avez-vous une idée sur le montant de la contribution financière que doivent payer les agriculteurs pour bénéficier de l’AMO ?
Les agriculteurs concernés par la généralisation de l’assurance maladie obligatoire, quel que soit leur âge, devront apporter une contribution directe qui varie selon leur revenu et l’État couvrira la différence. À ce jour, le montant de cette contribution n’a pas encore été fixé, par contre, on s’attend à ce que ce dernier soit symbolique.
En général, il est fort probable que la cotisation des petits agriculteurs soit nettement inférieure à celle fixée pour les commerçants qui est de 1.200 dirhams par année, soit 100 dirhams par mois, en tenant compte de toutes les mesures nécessaires pour faciliter l’intégration des bénéficiaires à ce régime.
Qui de vos partenaires sont concernés par la sensibilisation sur l’importance de l’AMO pour les agriculteurs ?
Sont concernés par cette opération les associations professionnelles placées sous la tutelle des fédérations interprofessionnelles ainsi que la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural qui constituent des partenaires clés de l’agriculteur marocain étant donné qu’elles veillent à son encadrement et à la défense de ses droits.
Nous espérons que ce projet, lancé sur hautes instructions royales, puisse atteindre les petits agriculteurs exerçant dans des régions reculées du Royaume.
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