Société
Le vaccin contre la varicelle est-il en rupture? Quelle importance pour la santé des enfants?
23/11/2025 - 21:30
Ouiam Faraj
Depuis plusieurs semaines, des familles marocaines cherchent en vain le vaccin Varivax, utilisé pour la prévention de la varicelle. Cette rupture a suscité l’inquiétude des professionnels de santé ainsi que des parents, qui redoutent des conséquences sur la santé des enfants.
Depuis près de quatre mois, de nombreux pédiatres affirmaient ne plus recevoir le vaccin Varivax, produit par le laboratoire américain MSD. Cette rupture d’approvisionnement, confirmée par plusieurs professionnels de santé, avait suscité de fortes inquiétudes, notamment chez les parents d’enfants vulnérables.
Une rupture temporaire
Une source médicale indique que la situation est désormais en voie de stabilisation et que le vaccin "est de nouveau disponible sur le marché marocain" et son retour dans les cabinets devrait "se faire progressivement". Le ministère de la Santé et de la Protection sociale assure également qu’il est accessible dans les pharmacies.
L’importance de la vaccination
Contacté par SNRTnews, le Pr Ahmed Aziz Bousfiha, professeur de pédiatrie et chef de service des maladies infectieuses et immunitaires pédiatriques au CHU Ibn Rochd de Casablanca, souligne que ce vaccin constitue l’un des moyens les plus efficaces pour protéger les enfants contre la varicelle. La maladie circule largement chez les plus jeunes, mais peut également toucher les adultes non immunisés.
Le spécialiste rappelle que Varivax ne figure pas dans le calendrier national de vaccination et qu’il n’est donc administré que dans le secteur privé. Le Maroc, comme d’autres pays, ne le classe pas parmi les vaccinations prioritaires, mais parmi les vaccinations complémentaires pour enfants.
Les groupes à risque
Si la varicelle entraîne le plus souvent une éruption cutanée bénigne, certains cas peuvent être sévères. Les enfants immunodéprimés, notamment ceux en traitement contre le cancer, sont les plus exposés. Chez les femmes enceintes, l’infection peut également représenter un risque important, comme explique Pr Bousfiha; "la varicelle entraîne un arrêt scolaire de dix jours et peut évoluer vers des formes sévères. La maladie est particulièrement dangereuse pour les enfants immunodéprimés, notamment ceux atteints de cancer en cours de chimiothérapie. Elle représente également un risque important pour les femmes enceintes, en raison des complications possibles pour le fœtus".
Et de rappeler "le vaccin contre la varicelle est administré à partir de 12 mois, en deux doses espacées d’un mois, afin d’assurer une protection optimale".
Ce que dit l’OMS
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la varicelle est une infection virale hautement contagieuse causée par le virus varicelle-zona, responsable d’une éruption cutanée accompagnée de démangeaisons.
Même après la guérison, le virus peut persister dans l’organisme et se réactiver des années plus tard sous forme de zona, une affection douloureuse.
L’OMS rappelle que la prévention repose principalement sur la vaccination, tandis que le traitement de la maladie repose sur des antiviraux destinés à réduire la sévérité et la durée des symptômes.
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