Société
Le vaccin du col de l’utérus sera-t-il obligatoire?
24/02/2022 - 22:04
Khaoula Benhaddou
Le Maroc s’est engagé depuis plusieurs années dans la prévention et la lutte contre le cancer et plus particulièrement celui du col de l’utérus qui vient en deuxième position des cancers chez les femmes marocaines. Conscient de cela, le ministère de la Santé et de la protection sociale va introduire le vaccin contre le cancer du col de l’utérus dans le calendrier vaccinal des enfants. Détails
Chaque année, plus de 50.000 nouveaux cas de cancer sont enregistrés au Royaume. Chez les femmes, le cancer du col de l’utérus vient au deuxième rang après celui du sein.
Conscient de cela, le ministère de la Santé et de la protection sociale a décidé d’introduire le vaccin du col de l’utérus dans le calendrier vaccinal.
Si la tutelle n’a toujours pas communiqué officiellement sur le sujet, plusieurs spécialistes ont confirmé l’information. "Le ministère de la Santé a décidé d’introduire gratuitement le vaccin contre le cancer du col de l’utérus dans le calendrier vaccinal depuis plusieurs mois. Cette décision a été retardée à cause de la situation épidémiologique du pays", a confirmé le gynécologue Mohamed Noun.
Même son de cloche auprès de l’oncologue Abdellatif Benider. "Chaque année, le nombre de femmes atteintes du cancer du col de l’utérus augmente d’une manière inquiétante, pourtant, nous pouvons très bien prévenir cette maladie grâce au vaccin et au diagnostic précoce", indique-t-il.
Pour rappel, le cancer du col de l’utérus est une maladie sexuellement transmissible causée par une infection au papillomavirus ou HPV.
Depuis quelques années, deux vaccins contre le papillomavirus sont disponibles au Maroc. L’un de ces vaccins cible une population dite «sexuellement naïve» comme l’explique Dr Jalal Oudghiri, pédiatre. "Deux vaccins sont utilisés au Maroc depuis plusieurs années. Ils sont recommandés avant le début de la vie sexuelle chez les jeunes filles. Maintenant, le ministère recommande de vacciner les filles à partir de 11 ans qu’elles soient scolarisées ou non".
Certes ces vaccins ont fait leurs preuves, mais des doutes sur leur efficacité persistent. «Le vaccin est utilisé depuis presque 20 ans et plus de trois cent millions de doses ont été administrées. Les seuls effets secondaires qui sont notés sont limités à des réactions cutanées ou une douleur au point d'injection", précise Dr Jalal Oudghiri, avant d’ajouter: "comme pour tous les vaccins, plusieurs rumeurs infondées ont été véhiculée. Plusieurs personnes ont dit que ce vaccin cause un dérèglement hormonal ou encore la stérilité. Les différentes études réalisées aussi bien aux États-Unis qu’en Europe et même par l’OMS montrent que ces rumeurs sont infondées et qu’il n’y a pas eu un seul décès attribué au vaccin ou aggravation des maladies antérieures. Ce vaccin n’augmente pas non plus le risque de fausses couches chez les femmes tombées enceintes après la vaccination", conclut le spécialiste.
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