Société
L’ergothérapie, ou l’art de redonner confiance à ses gestes au quotidien
07/11/2025 - 21:43
Matar Bensalmia
Un enfant qui peine à écrire, un individu qui tente de retrouver ses gestes après un accident, ou une personne âgée qui souhaite rester autonome chez elle au quotidien… Derrière chacun de ces parcours se trouve le métier d’ergothérapeute, peu connu certes mais essentiel.
Pour mieux comprendre cette discipline, SNRTnews a contacté Nour El Houda Yazidi, ergothérapeute à Casablanca, qui plaide pour une meilleure reconnaissance de ce métier, au cœur de la rééducation et de la dignité humaine.
“L’ergothérapie est une profession de santé qui place l’humain et son autonomie au cœur de la démarche de soin”, explique Yazidi. Selon elle, l’objectif est de permettre à chacun quel que soit son âge ou sa condition, de continuer à se déplacer, travailler, cuisiner, communiquer et, plus largement, être acteur de sa vie malgré les obstacles.
Dans son cabinet, elle accompagne des enfants présentant des troubles du développement, des adultes ayant perdu certaines capacités après un accident ou une maladie, ainsi que des seniors confrontés aux défis du vieillissement. Son rôle consiste à analyser les activités concrètes du quotidien, identifier ce qui freine leur réalisation, puis proposer des solutions personnalisées : rééducation motrice ou cognitive, adaptation de l’environnement, conseils en aides techniques ou aménagement du poste de travail.
Faut-il réduire l’ergothérapie à de simples gestes de rééducation ? Loin de là, selon Nour El Houda Yazidi. Si chaque petit mouvement du quotidien, se lever, écrire, cuisiner ou communiquer, peut être un défi pour certains, l’ergothérapie intervient alors pour transformer ces obstacles en possibilités. “Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’il ne s’agit pas seulement de soigner : il s’agit de redonner confiance, dignité et autonomie”, souligne l’ergothérapeute.
Pourtant, au Maroc, cette discipline reste encore émergente. “Les besoins sont réels, mais le nombre de professionnels reste très limité, et l’exercice en libéral est rare”, observe-t-elle. Manque de formation locale, méconnaissance du rôle de l’ergothérapeute et absence d’un cadre réglementaire clair… les freins sont conséquents.
Toutefois, en dépit de ces obstacles, la demande est croissante, notamment en pédiatrie et gériatrie. “Mon ambition est de faire connaître cette discipline, de sensibiliser les familles, les écoles et les entreprises à son importance, et de montrer que l’ergothérapie peut transformer des vies, ici au Maroc comme ailleurs”, poursuit Nour El Houda Yazidi.
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