Economie
Les producteurs de miel renouent avec l’optimisme
26/04/2026 - 18:23
Mustapha Azougah | Hamza BAMMOUDes coopératives anticipent une nette hausse de la production de miel, à la faveur des précipitations qui ont revigoré les pâturages et favorisé la multiplication des abeilles. De quoi encourager les apiculteurs à miser sur un rattrapage des pertes enregistrées l’an dernier.
Rabiaa Majad, responsable qualité à la coopérative Manahil Arridouane, estime que les pluies qu’a connues le Maroc contribueront à relancer le secteur de la production de miel, après un recul marqué durant les années de sécheresse. Dans une déclaration à SNRTnews, en marge de la 18ᵉ édition du Salon international de l’agriculture au Maroc, tenue à Meknès du 20 au 28 avril, elle souligne que ces précipitations participent également à l’amélioration de la qualité du miel, qu’elle considère comme une exigence essentielle pour toutes les variétés.
De son côté, Ahmed Bouchkouj, président de la coopérative agricole Kacht à Souss-Massa, affirme que les pluies ont permis aux abeilles de regagner leurs ruches, ce qui devrait se traduire par une augmentation de la production. Il ajoute que ces précipitations ont offert des pâturages naturels diversifiés, vers lesquels les apiculteurs déplaceront leurs ruches afin d’améliorer le rendement.
Lors de la saison précédente, la production de miel avait chuté d’environ 80 % dans certaines régions, malgré une amélioration du couvert végétal grâce aux pluies printanières. Les températures élevées de l’été dernier ont directement affecté le comportement des abeilles, réduisant leur activité quotidienne de butinage et altérant la qualité des fleurs, principale source de nectar.
Des professionnels avaient auparavant indiqué à SNRTnews que le rendement par ruche n’avait pas dépassé 10 kilogrammes dans les meilleures conditions durant la dernière saison. Il y a quelques années, les apiculteurs récoltaient pourtant le miel quatre à cinq fois par an, avec une moyenne de 25 kilogrammes par ruche, pouvant atteindre 50 kilogrammes lors de périodes plus favorables.
Les acteurs du secteur attribuent ce recul à une combinaison de facteurs climatiques et structurels qui pèsent de plus en plus lourdement sur la filière. Et ce, malgré les précipitations du printemps dernier, qui laissaient espérer une saison exceptionnelle, sans que les résultats ne soient à la hauteur des attentes.
Selon eux, cette situation est liée notamment au dérèglement des saisons, à la multiplication des vagues de chaleur estivales et à l’irrégularité des précipitations. Ces éléments ont perturbé le cycle de vie des abeilles, leur capacité à collecter le nectar ainsi que l’équilibre des pâturages naturels, redessinant ainsi la carte végétale. Pourtant, la diversité écologique du pays aurait dû constituer un levier majeur pour la qualité et la productivité du miel.
Malgré une augmentation du nombre de ruches, passé de 160.000 à près de 500.000 au cours des deux dernières décennies, la production nationale stagne autour de 8.000 tonnes, sans atteindre l’objectif de 10.000 tonnes fixé par le Plan Maroc Vert.
Ce plan visait initialement une production de 16.000 tonnes à l’horizon 2020. Toutefois, l’irrégularité des précipitations a empêché la réalisation de cet objectif, notamment en raison de l’incapacité des abeilles à supporter la rudesse de l’environnement dans lequel elles évoluent.
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