Sport
Lions de l'Atlas: les ailiers, l'embarras du choix
26/08/2022 - 21:30
Nassim El Kerf
Les Lions de l'Atlas ne sont plus qu'à un petit mois des matchs de préparation en vue de la Coupe du Monde. En attendant l'officialisation du sélectionneur qui succèdera à Vahid Halilhodzic, nos internationaux brillent avec leurs clubs et leur forme étincelante offre au prochain sélectionneur, l'embarras du choix.
Le football change et évolue, les postes sur le terrain aussi. Auparavant, un récupérateur se devait d’accomplir sa première tâche qui est d’harceler l’adversaire et couper les lignes de passes en récupérant un maximum de ballons et les remettre au joueur le plus proche. Avec le temps, le récupérateur doit aujourd’hui faire preuve d’un sens de la passe (vers l'avant) pour faire partie des meilleurs. Tous les comme les défenseurs latéraux à qui les entraîneurs demandent désormais un soutien offensif en plus de leurs rôles défensifs prioritaires. Mais le cas des ailiers et des joueurs de couloirs est différent. De Garrincha à Vinicius Junior, en passant par les Giggs, Ribéry ou encore Robben et Dembélé, le rôle de l’ailier a toujours été celui de percuter, provoquer, trouver des solutions quand le système bloque en s'appuyant sur sa technique, sa vitesse ou sa frappe de balle.
Au Maroc, nous avons connu ce type de joueurs explosifs, capables d'éliminer et faire la différente. C’est même l’un des postes où les Lions de l’Atlas ont toujours été bien servis et le choix a toujours été très large entre les joueurs locaux et ceux qui évoluent à l’étranger. En 2022, la donne n’a pas changé, tout au contraire.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le prochain sélectionneur (secret de polichinelle) aura l’embarras du choix au moment d’arrêter sa liste finale pour la prochaine Coupe du Monde. Le futur patron du staff technique des Lions aura un large choix de joueurs, aux profils différents qui peuvent tous apporter un grand plus à l’attaque de l’équipe nationale et la concurrence s'annonce très rude. Pour l'instant, cinq noms se révèlent comme incontournables en attendant la suite de la saison.
Abdelhamid Sabiri
Alors qu’il avait au début fait le choix de représenter l’Allemagne, le natif de Goulmima a vite changé d’avis au cours de sa carrière sportive qui a connu des hauts et des bas avant de sembler se stabiliser à la Sampdoria en Serie A.
Sabiri réalise un très bon début de saison et fait partie des meilleurs joueurs de son équipe. Face à la Juventus, l’enjeu du match n’a pas fait douter le Marocain qui s’est distingué face aux défenseurs turinois. Son jeu de passe vers l’avant fait la différence alors que Sabiri fait des merveilles dans son couloir gauche. Assez pour faire ses débuts en équipe nationale ? S’il garde le même rythme, il peut bien chambouler la hiérarchie en attaque, installée par Coach Vahid avant son départ.
Sofiane Boufal
De retour de blessure en ce début de saison, Sofiane Boufal a écourté ses vacances pour pouvoir se préparer et ne pas perdre de temps en vue du Mondial, lui qui a été privé de l’aventure en 2018 à cause de son manque de temps de jeu en club. Boufal a aujourd’hui le statut qu’il a toujours convoité en sélection nationale, et le joueur d’Angers compte bien rester sur sa lancée. En quelques minutes jouées depuis le début de saison en tant que remplaçant pour retrouver petit à petit la compétition, Boufal a déjà marqué un but et délivré une passe décisive pour son grand retour. Sofiane, une valeur sûre et véritable patron technique de la tanière.
Ismael Saibari
Eindhoven a une nouvelle star. Le PSV qui a l’habitude de former des pépites avant de les exporter dans les quatre coins du globe compte dans ses rangs un Marocain qu’il faut garder à l’œil… Ismael Saibari. Titulaire depuis le début de saison dans un poste d’ailier gauche ou droit, puisque sa formation en tant qu’attaquant axial lui permet cette polyvalence, Saibari a été promu en équipe première et a vite su saisir sa chance. Sa régularité est sa force, en plus du fait de pouvoir jouer des deux pieds, Saibari pourrait faire un grand bien à l’attaque des Lions et concurrencer un certain Ryan Mmae qui revient de blessure.
Zakaria Aboukhlal
Lors de ce mercato, Zakaria Aboukhlal quitte l’AZ Alkmaar et sa zone de confort pour rejoindre Toulouse, en Ligue 1. Nouveau championnat, nouveaux coéquipiers, nouvelle ville et nouvelle vie pour le Lion de l’Atlas qui s’adaptera très facilement à sa nouvelle équipe. Comme un poisson dans l’eau, Aboukhlal a la confiance de son entraîneur et le joueur est titularisé à chaque fois. Il a même pu adresser une passe décisive pour ses débuts officiels, après une belle présaison où il a trouvé le chemin du but. Déjà présent dans les plans de Vahid Halilhodzic et ses listes qui faisaient couler beaucoup d’encre, Aboukhlal monte en puissance.
Soufiane Rahimi
Parmi les joueurs cités, celui qui a le plus relevé son niveau, c’est bien Soufiane Rahimi. Déjà brillant avec le Raja avant de le quitter pour Al Ain aux Emirats Arabes Unis, le joueur formé chez les Verts a enchaîné les bonnes performances la saison dernière avec son nouveau club. Ses chiffres plaident pour lui. 12 passes décisives et 8 buts pour sa première saison avec Al Ain ont été suffisants pour qu'il soit nominé pour le titre de joueur étranger de l’année dans un championnat réputé pour attirer les joueurs du monde entier. Soufiane ne se contente pas d’évoluer dans le jeu. Physiquement aussi, Rahimi a changé depuis son départ en prenant du muscle, en plus de sa vitesse de pointe qui a augmenté alors qu’il faisait déjà partie des joueurs les plus rapides du continent. Celui dont la valeur marchande est passée de 1,8 millions d’euros à 4,5 millions en une saison selon Transfermarkt, est une très sérieuse option pour le prochain sélectionneur qui le suivra certainement de très près.
D'autres joueurs peuvent évoluer dans les couloirs des Lions comme Hakim Ziyech, Amine Harit ou même Ryan Mmae, Aymen Barkok et Munir El Haddadi. Abdessamad Ezzalzouli pourrait aussi chambouler la hiérarchie, mais vu la forme des joueurs cités, ce serait étonnant de le voir "dénaturer" des joueurs. Toujours est-il que pour n'importe quel sélectionneur, c'est bien son système qui primera au moment du choix des joueurs titulaires et des remplaçants et ce n'est pas Vahid Halilhodzic qui dira le contraire.
Articles en relations
Sport
Sport
Sport
Sport